Ca y est c’est plié MAMAN KÜSTERS claque son troisième jet! J’avais quasi zappé, malgré un échange de mails sans tête ni queue avec le père Pansal, l’un des têtes délirantes de la paire au patois de brestois décliné ici sur six plages que t’en sors pas tout d’suite tourneboulé que tu es. Le foutoir a pour nom Oniromancia Completa, il distille une EBM à nouveau perchée qui fait tout le charme décalé des deux gaillards. Oráculo Records les accueille, d’entrée de jeu MAMAN KÜSTERS la joue Serré de ses fréquences pulsant et textes égarés. Et que du coup, on ne dissèque qu’avec plus de jouissance encore. C’est l’un des atouts, parmi bien d’autres, de ces mectons hautement doués. Leurs rimes déroutent, perdent la route et la quittent mais eux gardent le fil alors que la pelote se défile. Les voilà revenus et ça, c’est loin de n’être rien. Nous Frottons Nos Silex, telle une ode au monde préhistorique dans lequel nous sur-vivons, met le feu. Il vocode, brise les codes. J’en danse de joie, désarticulé. Je m’en frotte les mains, de ce disque à l’addictif persistant. Monet Money, in the poor man’s world, impose sa nébulosité. On s’y laisse prendre, sans ergoter. Pas le choix t’façon, il nous embarque pour tout là-haut nous mettre hors d’atteinte. Kraftwekrien il erre dans les cieux, les biffetons dirait-on en tombent. Trop bon.

De ces trois première salves enrichi je poursuis l’audition, Dos Mundos (Feat. Pedro Peñas y Robles, le maestro des ziks dark d’ici et d’ailleurs) m’offre alors un track spatial où l’Espagnol se boit à la gnole et les boucles s’écoutent en boucle. Alors, je la boucle. MAMAN KÜSTERS m’est indispensable, Plus Vite ! bien que bref laboure une électro saccadée du plus bel effet. Hypnotisé je m’abandonne, j’entends là des sons à la Young Gods. L’excellence même. L’écoute passe vite, Est-ce Que La Lune Est Ma Tête interroge alors le terme. La cadence s’appuie, les effluves s’en tiennent au céleste. Mais agité hein, et pété du mot bien entendu. On demandera pas son dû, on en a son soûl et le susurré des mots retient une dernière fois l’écoutant, parachevant ce Oniromancia Completa qui de sparadrap en croix à sa vêture de lierre n’en finit plus de dévier et jouer avec les maux, façonnant pour nos êtres en perdition un âtre sonore sécure et salvateur aux syllabes savamment détournées. Le tout se tenant par chez moi, de manière précise, à 11h32 comme l’indique pile-poil mon horloge aux aiguilles sans vie…

