Pour les fans de Water from Your Eyes, Deerhoof, Peter Hammill, The Spirit of the Beehive. Déjà là on est bien. Intégré au projet collectif B.U.N.K. depuis la sortie de son premier jet (Spulctures, 2024), Gut Model a pour but d’apporter sa pierre à l’édifice dans un courant Art Rock maximaliste, qu’il teinte là de bribes allant du rock progressif des 70’s au noise rock des 2000’s, en passant par divers courants expérimentaux actuels. Il est de plus belge, donc prêt à quitter la route. Hex on us! est son nouveau méfait, Tavern y place un amorce déjà louvoyante. Noise, jazz bancal, saccades emballantes. Parties mélodiques tordues. The Oracle, ensuite, poste une finesse chaloupée. Classieuse, mais aussi largement déviante, et versatile. Diâle ne l’est pas moins, il m’évoque The Fall dans ses loopings vrillés et ses errances sonores. La mélodie se niche, dans les recoins des turbulences. Pillar Of Pink Salt en use, d’abord posé, élégant. Il gronde ensuite, mais dans le retenu. Low Outputs, sur à peine plus d’une minute, couple plans orchestraux flemmards et chants d’oiseaux, enfin…je crois, et voix d’ailleurs. Tout ça le type. A sa suite Celebration, sa…suite, justement, fait sonner un rock qui m’évoque Pavement, dans les sonorités pas trop faites pour boire le thé (notez donc la rime). La fin du titre prend le contrepied, puis le terme entête.
C’est dans le décalé, savant, que Gut Model trouve son relief. Windmills filtre une lo-fi charmeuse, aux vocaux alliés. Plus que beau. Des trouées noisy parsèment la chanson, histoire de ne pas faire dans le rangé. Manquerait plus qu’ça tiens! Qu’on se rassure de suite, Kerels sème un psychédélisme bien trituré. Ancient Methods lui emboite le pas dans des pulsions où la basse se met en avant, au gré d’un déroule peinard…enfin en apparence car tout de même, la brise secoue amicalement tout ce bazar. L’incartade est fréquente, sur de courtes bribes. The Draughtsman file un peu plus, coupe son élan, frétille sans sagesse et évite le rectiligne. Hex on us!, avant d’être dompté, exige d’autres écoutes. Engraved Stones Remain me fait penser aux Anglais de Sorry, ce qui à l’évidence l’avantage. Enfin le fusionné +3283X0NU5!, groovy, confus et captivant, jazzy cintré, offre une fin cinglée tout en affirmant l’identité désarçonnante de la clique de Belgique.

©Grégory Noel
