Bon, déjà le duo joue au Charleston, dans ma ville, le 2 avril. Au même moment c’est les HAY BABIES, à la Lune des Pirates. J’y suis déjà engagé, je ne verrai donc pas Special Friend mais le lot de consolation, ce Clipping où la production, les arrangements aussi se montrent plus soignés que par le passé, vaut son pesant d’écoutes. Troisième album diversifié, clarifié également, Clipping charme de bout en bout. Erica Ashleson (batterie, chant) et Guillaume Siracusa (guitare, chant), complices évidents, y glissent d’entrée de jeu un sucre sonore nommé Paints A Picture. Voix à deux, rêvassant. Rythme vif. Guitares pétillantes, puis un Clipping éponyme à l’attrait shoegaze irrésistible. Du Yuck là-dedans, du 90’s entièrement confirmé aussi. On adorera tous. Isolation s’attire lui aussi les faveurs, indolent. Les guitares une fois de plus tissent des merveilles, tandis que les chants séduisent avec douceur. C’est alors Theoretical, filant, qui en reverse un godet. Il vivifie, le procédé Special Friend semble plus que jamais porteur. Breakfast insinue une naïveté lo-fi décisive, magnifique, fouettant et rapide, qui assied l’excellence du disque.
Les pépites s’accumulent, Clipping sème la joie. Mold, posé et nacré, offre sa belle parure. Qu’il s’agite ou retombe, quoiqu’il en soit, Special Friend parvient à ses fins. Nothing le fait presque folker, il vire après ça au noisy qui reluit. Et rugit, un peu aussi. Me vient alors en tête ce groupe noisy à la PAVEMENT, dans les 90’s évidemment. Ah oui ayé, Number One Cup! Trop bon aussi c’truc là! Bref j’ai encore les 2 skeuds, puis voilà Unwound et ses griffures pop magiques. Son décor, par la même occasion, sobre et fructueux. On se régale, Mustard valide par ailleurs l’approche renouvelée de la paire. L’idée est louable, vous l’aurez saisi. Le morceau rafle la mise, urgent, et m’évoque The Wedding Present alors que les guitares y font crue façon Sonic Youth. Délice total.

C’est pas ‘core fini, on peut après ça tirer plaisir d’un Village sous la minute, lo-fi à la batterie Swellienne, bref mais plus que plaisant. Clipping n’en finit plus de briller, Sanctuary y flotte sous la (douce) brise. Les atours encore et encore s’illustrent, dénués d’excès. La touche finale a pour nom OOO, elle s’étend sur plus de sept minutes. Kraut, répétée jusqu’à de nous tous s’emparer, elle magnifie l’opus tout en s’étoilant prestement. Il en résulte une œuvre magistrale, me voilà jaloux de ceux qui du live jouiront mais on ne peut pas non plus être de tout et comme dit plus haut, Clipping trompe ma déception de par la grande valeur de ses composantes.

