Depuis les mid 80’s And Also The Trees sévit, il a derrière lui une discographie qui scelle son identité. Son petit dernier, le raffiné The Devil’s Door, cisèle onze titres que The silver key lance dans une classe au folklore maison. D’ombrage léger et de secousses éparses, comme effacées, le morceau prend la commande d’une série de choix. The crosshair suit, ténu, dans la même lignée sobre. Rooftop, d’abord obscur, drone presque. Il s’anime sans empressement, dénué de chant. The child in you lui emboite le pas, sa cadence présente le fait vivre et frémir. Il y a chez AATT cette pudeur, cette marque sonore qui indéniablement l’enracinent. Rares sont les incartades, dommage me dis-je parfois. Le lustre des compositions, toutefois, élève la formation du Yorkshire. Orchestrale, celle-ci dépeint des vues sonores saisissantes. Return of the reapers en fait montre, comme effleuré. The Trickster, au mitan d’un disque qu’encore une fois sa pochette surligne, groove joliment et là aussi, sans hâte. C’est également dans ces flux tranquilles, racés, qu’on reconnait le groupe.
Plus loin I lit a light, luisant, s’étire dans la prestance. La batterie le heurte, sans…heurts. The Rifleman’s wedding se profile alors, il porte à son tour le sceau AATT depuis belle lurette breveté. As I dive n’y déroge pas, feutré comme l’est l’instrumental Beginning of the end et son jazz singulier. On touche alors au but, immersif The Devil’s Door a fait son œuvre. Shared fate s’en vient le clore, au gré d’une trame chaloupée du plus bel effet qui monte en intensité sans réellement imploser. Fidèle à son ADN And Also The Trees pose une pierre solide de plus à son éloquent édifice, dans l’attente de dates à venir avec The Cure, entre autres, et démontre par la même occasion que son souffle n’est pas prêt de s’éteindre.

