Red Sun Atacama est un trio bordelais, dépositaire d’un desert-rock stoner fulgurant. Sauvage, aussi, et pluriel dans les genres ratissés. Summerchild, sa nouvelle fournée, rassemble huit titres d’entrée de jeu impactant. Passenger, en premier lieu, bazarde un rock offensif. Rythmé, il pétarade tout comme les plus grands. Riffs de marque et exécution échevelée en font le sel, un break entièrement dépaysant survient. Du grand art, avant un terme massif qui n’en finit plus d’écraser son monde. L’entrée en matière est pour le moins éloquente, sa suite a pour nom Conveyor et elle aussi part à l’assaut, entre désarçonnement et sorties de route de haut vol. Du high energy, changeant, au groove 70’s remis au goût du jour. Avec brio, et intensité. Weightless, dans un premier temps aérien, vire à l’abrasif stoner. Je verrais bien ce groupe chez l’ami Julien, au 1001 Bières. Le jeu emmène, un plan mélodique s’incruste justement. Puis les ruades refont surface, puissantes. Commotions, à vitesse grand V, fracasse tout ce qui passe. A l’approche de sa fin il poste un élancement lesté de bon aloi, qui consolide l’effort.
Douée la clique performe sans fléchir, Graze The Sun l’embarque sur des sphères perchées. Celles-ci très vite s’enflamment, au taquet. Entre force de frappe et ornements inspirés on se régale, comme à l’occasion de ce Summerchild éponyme rock’n’roll et dévastateur. La basse-batterie offre un louvoiement fatal, zébré de guitares loquaces. Ragdoll, au céleste bouillonnant, d’humeur variable et de qualité optimale, s’en sort lui aussi comme à la parade. La dextérité, chez Red Sun Atacama, est constamment de mise. Sundown, à l’heure des adieux, sème une trame sereine et sifflotant, dotée d’une voix sensitive, histoire d’entériner la valeur, certifiée, de ce Summerchild imprenable.

