Grunge vs. Mathcore vs. Heavy Rock (Paris/Rouen). FFO : Mutoid Man, ’68, Tigercub, Incubus, Dinosaur Pile-Up, Melvins, Turbowolf, The Eighties Matchbox B-Line Disaster, Royal Blood au début, Faith No More après reformation… et puis Meshuggah. Nul besoin d’en remettre, Vain Valkyries réunit les atouts et pour plaire, il a tout. Le projet amorcé par Ian et Simon Debeerst, comme suite au déjà excellent The Great Suffering paru il y a 3 ans, transforme l’essai et délivre là dix parpaings démentiels, à commencer par Bokeh et ses riffs pachyderme associés à des chants presque angéliques qui ensuite s’enhardissent. Une première tornade salutaire, que relaie Majesty et son grunge remis au goût du jour. By The Thread, lui, se bride d’abord, climatique. Il hausse après ça le ton, entre allant et passages pesants. Impeccable.
D’emblée les frères trouvent le ton juste, l’alchimie entre les styles. Gaslight, 90’s mais pas tant et pas que, largue riffs vrillés et saccades bourrues. Là encore ça fonctionne sans forcer, le sensible et l’aiguisé cohabitent superbement. Enivrant est ce disque, He Is Proud y poste ses ruades sur voix à la Psychotic Monks. Heavy, grunge, mathcore et surtout original, singulier, personnel, Vain Valkyries frappe fort. He Is Proud se syncope vigoureusement, retombe. Your End Is Near, à l’heure d’attaquer le deuxième versant, use de motifs prenants. Le procédé, une fois encore, enfante le meilleur. Aching Lungs l’y conforte, en coups de boutoir bien sentis. La puissance bien jugulée du duo le hisse haut, ses sautes d’humeur itou. Ses sons sont bons, variés, de teneur large.

©Bastien Vannoni
Cult, sauvage, se catapulte. Son aérien intense, sa force dosée avec adresse en fait un must absolu. Inclassable mais qualifiable, Wonders rafle la mise. Summer Days lui donne une énergie supplémentaire, ses guitares crachent et ses volutes captivent. Les changements d’orientation se font naturellement, à aucun moment forcés. Summer Days écrase tout, tel la chaleur de nos summers. Les mélodies s’illustrent, leurs écrins les valorisent. Intenable, dur à anticiper, Vain Valkyries termine au son de Fever Dream. Une ultime élévation sur le fil, d’atmosphère aussi subtile que lacérée. Cuvée majeure, Wonders sacre les frangins et leur complicité de bout en bout fructueuse.

