Depuis une petite dizaine d’années, me semble t-il, Hater tisse depuis Malmö, en Suède donc, une indie-pop de choix. Avec ce Mosquito sa patine se perpétue, signalée par onze morceaux entre le ouaté et le plus « offensif », le tout restant toutefois dénué de heurts prononcés. Avec Landslide, qui ouvre le bal, on est d’emblée plongée dans une sorte d’indolence animée jonchée de turbulences sans excès, dont le doux-amer fait mouche et se pare de grondements appréciables. L’amorce est bonne, Angel Cupid prend de son côté une paisibilité attachante. Hater a ce don, certain, à trouver la parure qui lui sied. This Guy rocke et ondule, martelé par sa souple batterie. La sensibilité pop persiste, fil rouge de l’opus. Stung Again en use, gentiment vivant. Il griffure de manière avenante, je me dis parfois que j’aurais préféré ce Mosquito plus fréquemment « wild ». Il n’empêche qu’ici les guitares mordent, validant la portée du disque. Mosquito, éponyme, largue ensuite une trame pop claire enlevée, brillant à son tour.

©David Möller
Au mitan Brighter, entrainant, permet à l’ouvrage de ne pas fléchir. Des scories shoegaze le décorent. Plus loin Guts, aérien, syncopé, s’illustre itou. Still Thinking of You se montre après tout ça noisy, ses « salissures » sont estimables. La pop-rock de Hater a de l’allure, Stinger dans un déroulé massif étend le champ parcouru. Sad Eyes adopte une peau folk, enfin et pour clore sans dénoter Last Summer I’ll Spill borde la série en serpentant tranquillement, paré d’envolées mélodieuses qui font le charme de Hater tout au long d’un album rutilant.

