s̶i̶s̶t̶e̶r̶ est grec, blood est son deuxième album. Il joue un rock bourru mutant, typé, déroutant. orca de ses onze minutes dont émerge un break soudain désarçonne, embarque dans l’inconnu ou au minimum, dans l’osé qui s’extirpe des carcans. Il se fait spatial, kraut, et s’habille de sons perchés. Sa fin s’emballe, à l’issue d’une première fournée mémorable. subterfuge, qui s’en dispense, suit en posant une trame alerte, finaude, jazzy, free et syncopée. Bel effet. Le trio n’a que faire des diktats, il leur tourne le dos. Sa liberté l’avantage, dark candy de ses pulsions groovy et cuivrées jonchées d’excès noise s’en vient d’ailleurs prolonger la fugue. s̶i̶s̶t̶e̶r̶ ne peut tenir en place, Jeanne d’Arc (heaven’s blade) poste des vrilles étourdissantes. Il coupe l’élan, lâche des sons répétés. Puis martèle à nouveau, sa section rythmique serpentant magiquement.

Plus loin nox tremenda, électro and many more, grésille et frétille. Nos sens avec. Indéfinissable, s̶i̶s̶t̶e̶r̶ captive à tout bout de champ. boombox funke un peu, ses basses déhancheront le quidam. Magistral. Et sulfureux, dans le même temps. blood s’écoute moults fois, histoire de tout entier le choper et ce n’est pas chose aisée. Ses sautes d’humeur confinent à l’addictif, sa matière à part en fait une précieuse création. tao, à l’orée des dix minutes, en ferme la marche dans une spatialité animée, mouvante, riffante comme de velours, un tantinet schizophrénique. Excellente fournée.
