Biberonné au post-punk anglais, au death rock californien des années 80 auxquels il greffe l’impact de la mouvance punk/hardcore contemporaine, Bleakness en arrive là son troisième album. Une impeccable suite que les parisiens, désormais reconnus et ce à juste titre, lancent au galop d’un fougueux Blind Devotion. J’y entends Oï Boys, une forme de street-wave maîtrisée et combative. The Left Behind la perpétue, nous voilà partis je le sais déjà pour un sans faute maison. Bleakness a joué, partout où il le pouvait, sans jamais surjouer, gagnant l’estime des reconnus. Artificial Answers, en tir tendu, nappé de motifs mélodiques, l’insinue encore un peu plus. Au mitan des époques le groupe se poste, fiable. This Vicious Game, tempéré, cold mais affiné, fait lui aussi reluire l’ouvrage. J’aime l’approche, le rendu de Bleakness. Dead of Night, post-punk death alerte, le crédite encore. Le nerf est palpable, la rage punk porteuse.
Avec A Sour Sensation, entrainant, riffeur et gouailleur, l’étau se resserre et Bleakness s’insère. Dans la cour des grands. Spinning Around, urgent, pilonne consciencieusement. Sa basse-batterie pulse, le groove des ces gaillards-là risque derechef d’en embarquer plus d’un(e). Numbering Machine illustre mes dires, subtil autant qu’appuyé. Sans castagne frontale il s’impose, quel que soit le chemin emprunté Bleakness parvient à ses fins. The Eyes of Scorn, direct, poste une torpille inendiguable. En plus d’avoir du style la clique sait faire, son Blurred Visions affichant unité et pertinence. Ici un court solo survient, profitable. A la toute fin de l’insurrection musicalisée Break the Cycle propose une ultime virée affirmée, histoire d’enfoncer le clou, pour couronner le solide parcours d’une formation légitime.

©Titouan Massé
