Quatuor suisse synth-wave/new-pop (je néologise) bordé d’élans goth, Lone Assembly fait mouche sur les 10 tracks de son Knots & Chains probant. Après un premier EP à caractère thérapeutique le groupe mené par Raphaël Bressler au chant tisse de remarquables compositions, à l’image de Call of the Swift qui ouvre le bal dans une brume synth relayée par un chant crooner de l’ombre et des ambiances aussi fines qu’obscures. Les envolée sont par ailleurs magnifiques. Fantasy, dans une approche plus directe, confirme dans l’élan. Ferveur et grandiloquence cohabitent, façonnant un rendu élevé. Nocturnal Vision, cadencé, distille un groove fatal. L’instrumentation est sobre, d’autant plus efficace. Lone Assembly analyse l’emprise, quelle que soit sa forme, et propose donc une matière d’intérêt. The Pain Keeper, au grave remarquable, complète le disque avec entrain.
La trouvaille est estimable, The City Works Like This la dote d’une parure posée. Après l’énergie déployée celle-ci trouve sa place, sans dénoter. Elle offre quelques soubresauts, puis In the Open goth le tout de ses volutes synth une fois de plus justes, à la dynamique porteuse. Organique et synthétique s’allient, au service d’un résultat sans failles si ce ne sont celles de la perte. My Life’s Solid, prétend pourtant le titre suivant, cold, profond. You’re Pulling at the Same Strings, au ressenti audible, suit vivement mais avec sensibilité. Il y a de quoi rester perché, saisi, aux textures de Lone Assembly.

©Margaux Fazio
En ce sens Paler Streams, mélancolique, sans rythme, lance une fin qu’on pressent « retombante » en termes d’intensité. A Dark Score s’en fait la preuve, d’abord, mais son mid-tempo rafle vite la mise -entre modération, vitesse et brisures- et son habillage force l’adhésion. Je songe à l’occasion à Interpol, Editors, aux 80’s aussi sans omettre de constater que Lone Assembly, non redevable, pétrit avant toute chose sa propre matière, authentique, tirée du vécu et de réflexions sur l’être.
