Né de l’association du chanteur/guitariste Jean-Philippe Putaud (ex-Nothing To Prove) et du batteur Rémi Grosbois (ex-Wendy’s Surrender), vite rejoints par leurs voisins de studio de répet Hervé Bailly et Thomas Paris de Jack & The Bearded Fishermen, Random Hearts rallie ces hommes avec, notamment, une passion commune pour les efforts de Walter Schreifels avec Quicksand et Rival Schools. Le premier opus de la clique, ce Love PTSD, sonne donc et en toute logique post-hardcore, un tantinet emo à ceci près qu’ici s’amoncellent les tubes. Les mecs de Besançon, à partir de Crosswalk qui ouvre en m’évoquant Uneven, aussi leste que massif, persuadent leur monde. Before We Met les y conforte, traçant sans vergogne. Il y a là rage et mélodies, un équilibre trouvé comme à la parade. Une intensité, jamais démentie, que Past Tears relaie prestement. L’enfilade est percutante, le sentiment n’en est toutefois pas exclu. Manikin laisse sa batterie castagner, on lui emboite sans hésiter le pas. La force de frappe est conséquente, le juste milieu entre émo et post-hardcore évident.
Avec Recede Into Shadows, dont les ruades malmènent, le tir reste droit. La qualité imprenable. Le ressenti là aussi point, pris dans une instrumentation bourrue mais pensée. Rehearsed Goodbyes tambourine, la franchise de son jet en fait un énième morceau de choix. La recette, efficiente, engendre titre après titre un disque de trempe supérieure. At The Frame Shop, après une amorce lourde, passe à la vitesse d’au dessus. Le procédé, là encore, fonctionne magistralement. Dans sa mouvance Random Hearts fait foi, aidé en cela par son Slow Burn que des airs pop bazardés par les guitares valorisent. Fences, lui, saute la barrière et soniquement rêveur, flirte avec le shoegaze. On aborde alors la fin des débats, sans ennui aucun. Love PTSD, bridé, ferme alors la marche en faisant retomber la pression. Sous moindre tension il trouve cependant son rang, concluant une dizaine dont Random Hearts peut se montrer fier.


