Je ne saurai, précisément, dire pourquoi. Mais je le « sentais bien ». Peut-être ce nom, tiré d’un documentaire de Sophie Calle, roadmovie tendre sur un couple en plein déchirement. Ou cette impression de dissidence, d’originalité stylistique et d’unité dans le projet, créé entre Paris et la Vendée (Dynamite Shakers si vous me lisez…). No Sex Last Night, en duo survitaminé, s’est permis pour sa première ici de retourner la Lune, dépositaire d’un répertoire clairvoyant et sans détour de beaux parleurs. Rosalie Massé, pétillante, dansante et pimpante, d’un charisme faussement timide et son acolyte Erwan Peroteau, le gaillard derrière des nappes qu’on ne peut que suivre, n’ont en l’occurrence fait qu’un. EBM vivifiante, traits cold épars et angélisme mutin, charme féminin dénué d’excès, électro dont les boucles virevoltent, sincérité confondante. Ca fait bien des atouts, sachez de plus que chez ces deux êtres de 26 printemps le DIY passe avant toute autre démarche. Je le sais bien, pour avoir avec la frontwoman discuté au merch tout en lui achetant un sémillant marcel patronymé No Sex Last Night ben ouais tu m’étonnes, à mon âge…bref passons cet âge je ne le fais pas, merci Rosalie pour l’avoir énoncé, et ne le ressens pas davantage.
Merci, aussi, pour cette pluie de morceaux marquants dont Cours dans la forêt, vocalisé à deux, ou encore Le combat, défiant, insolent, et je ne parle pas même de l’ep fabriqué à la main, numéroté de 1 à 100, dont chaque jaquette est d’une couleur différente, porteur de cinq plages éloquentes. Prometteur à souhait NSLN tient bon la scène, lâche la rampe, plante un univers individuel. A côté de moi en bord de scène -et ouais Biggy, ici je redeviens l’homme de foule que je fus à mes débuts au Club, circa 2012-, des filles dansent à tout-va. Je fais de même, un peu moins joliment je n’en disconviens pas. No Sex Last Night, avant en ce qui me concerne No Sex Next Night, auto-ironie j’aime à te manier, fait sonner foule de promesses. Son Paradis new-wave gringue sévère, il n’est pas le seul et me voilà à déclencher sans compter, conquis.


No Sex Last Night
Bagages pliés voilà Flora Fishbach et ses trois danseurs qui si elle propose un rendu incontestablement travaillé, d’un bel unisson, m’ennuie profondément. Son électro-pop est pour moi polie, prévisible, sans relief prononcé. J’ai voulu vérifier, sur pièces, le buzz actuel. Veni, vidi, désappointé je fuirai vite. J’ai beau investiguer, je ne lui trouve rien. En cela de mes voisins je diffère, tous sont conquis(es) et la plupart des paroles seront reprises. De temps à autres ma tête dodeline, le fait reste bref et assez vite je décroche, moi le blasé au parcours peut-être trop fourni pour encore, parvenir à tirer profit de ce qui m’apparait comme du mainstream par trop hypé. Mais blasé, quoique…non, tout bien réfléchi j’aime à vrai dire l’audace, le…DIY, comme cité plus haut. L’écorché, les pains qui rendent le truc plus véritable encore. La singularité, l’avancée à la force du poignet.
A grands coups de pardon je m’éloigne, Will à l’instar d’ Andy est un garçon poli et les Rita eux avaient de la déjante. Arrivé en fond de salle je me retourne, le public rentabilise son fric dans des cris où le « wouhooouu! » domine. Grand bien lui fasse, allez savoir pourquoi j’escomptais une Flora plus cold alors je repars prématurément, refroidi mais galvanisé, malgré ça, par la paire ouvrante de ce samedi soir.


Flora Fishbach
Photos Will Part en Live!, auteur de l’article…
