Club Cactus c’est Anthony Laguerre et Jean-Michel Pirès alors j’te dis pas, qui s’y frotte s’y pique et le souk sonore des deux hommes entre en éruption avec l’ouvrant Por Vezes, sur batterie tribale et décharge d’indus-noise passée au soufre (douleur). Déjà de l’obsédant, martelé, mécanique jusqu’à ce qu’on y reste scotché. Puis il y a ces voix, toutes différentes, énigmatiques, de tons variés, qui relèvent encore la sauce. Ya Lil, Ya Sbleen s’en nourrit, pour couvrir une électro dont le tapage (me) réjouit. Les frappes se couplent, l’ambient martiale entre en scène. Club Cactus déforme, reconçoit, nous joue un Politics à la spatialité souillée. Un track noisy, hanté, fantomatique, dont les élans bruitistes m’évoquent Kim Gordon. Et toujours ces chants, significatifs, jamais normaux. Ca me sied, je prends mon pied. Lass Mich Dei Dir Sein clôt le premier chapitre en émergeant de la brume, vaporeux, vocalisé avec style. Le fatras cogné survient, Club Cactus provoque une attraction dont on peine à se défaire.
Au départ du deuxième acte Tomaneh, entre ses ruades de drums et cette voix derechef d’ailleurs, enfonce le clou rouillé. Anada suit en se salissant, narratif, scandé à l’arrière-plan. Club Cactus n’a pas d’égal, c’est d’ailleurs je le parie son but avoué. She Dead assène son refrain, greffe syncopes et chants gracieux mais là encore, écartés du tout-venant. Vindicatifs, un brin riot. Susurrés aussi, colériques là-bas. Quand Crie(s), où le cri primal d’Isabelle Duthoit est samplé et ça me plait, termine au gré d’un déferlement indus noirci et reste-en-tête, j’ai depuis quelques minutes déjà, coché ce 3 d’une croix hautement approbatrice.

©Audrey Ouaki
