lors de sa précédente soirée la Biscuiterie amienoise avait déjà capturé son monde, grâce notamment à des Mossaï Mossaï renversants. Ce vendredi la performance fut réitérée, sur un temps plus bref et au moyen d’une doublette délibérément décalée. Lutèce Lockness, chargée d’ouvrir le bal, s’acquitta de sa mission en nous jouant, solo, un folk dépaysant, merveilleux, sensible et possédé. De longues pièces jonchées de recoins obscurs, de sonorités à part, qu’un tumulte au ralenti surplombe. Un set de marque absolue, animalier, aussi pur qu’angoissant, médiéval et ahurissant. La surprise est de taille, l’assistance médusée. LE CHÂ, récemment offert à nos écoutilles par la dame costumée, est d’ailleurs plus que recommandable. C’est tourneboulé que de son live nous ressortons, avec dans la caboche le sentiment d’une venue sans équivalent.


Lutèce Lockness
Tirant profit du lieu j’attends peinard Eightycuts, trio psych-kraut lui aussi des plus surprenants. Siam Coudrais, Grēgoire Lēautē Culioli et Frédéric « Oiseaux-Tempête » D. Oberland vont à leur tour nous extraire de nos repères, forts de fulgurances habitées qu’une instrumentation élargie décore. Sax et flute, entre autres, parent la panoplie. Chaloupé et saccadé, céleste comme vivace, le registre ne manque ni d’attrait, ni d’audace. De gauche à droite j’évolue, me niche dans la verdure en proie à la transe Eighycuts. C’est pour le coup Thousand Fates, à sortir fin du mois, qui étoffe un gig au delà du notable. Grēgoire sous ses airs de Franz Treichler mène la barque, louvoyante, d’un navire libre mais c’est bel et bien l’unisson déviant d’ Eightycuts qu’il faudra souligner. Ses effluves font sensation, le bruit s’y love mais aime à s’enrober d’une peau changeante, en mue sonique, qui porte le concert aux cimes. J’en ai pour mon argent, après échange avec l’un des tenanciers de l’écrin Biscuiterie je m’en repars réjoui alors qu’en moi résonnent moults sons indie sans compromission aucune.


Eightycuts
Photos Will Part en Live!, auteur de l’article…
