En plein tourment existentiel, Oliver Gage reçoit un jour une nouvelle pour le moins surprenante: une vieille tante adorée, excentrique et folle de musique, lui lègue un château dans le Sud Ouest de la France. L’Anglais n’a que peu de doutes sur ce qu’il souhaite faire de ce cadeau du ciel, véritable rêve 70’s. La propriété, renommée Château Rock Bottles, devient très vite un lieu de résidence artistique et d’enregistrement, un refuge hors du temps pour créer la musique de la manière la plus libre qui puisse être. C’est en cet endroit au milieu des tableaux et des vieilles pierres, entourés de leurs instruments et de leurs amis qu’Oliver Gage et Romain Turzi donnent naissance au projet Turzi Gage, apothéose de plus de deux décennies d’amitié forte. Voilà. Et je découvre ces jours-ci ce Drop! phénoménal, baggy et défroqué, que La Montée initie dans le spatial synth et rythmé. Les sons en fusent, pour une traversée non sans conséquences. Holiday, lui, groove à la Madchester. Happy Mondays dans le chant, indolence à la JAMC ère Honey’s Dead. Impeccable. Maybe, son électro-rock « fonk » et vivement lascive. J’en danse de joie. Freefalling, sucrerie céleste. L’esprit est engourdi, le contenu animé. Comme un dessin. Amiante, le psychotrope sonore rêvé. Ah non non, il est bien réel. Il chloroforme, en grande forme est le duo d’amis de longue date. Chevauchée, très B.O., accentue le dépaysement. Son chant l’avantage, ses nappes le font briller. Les textes, à la Maman Küsters, le font dévier. L’errance est délectable.
Peace (In Every Garden), paisible justement, propose voix de crooner et chape spatiale, doucement secouée. Tripping (The Right Way), d’habillage chatoyant, se montre plus vif. Screamadelica ? Pas que. Le champ investi est vaste, la parure singulière et muant. Les vocaux se robotisent, le tout flotte et éthére son monde. Summer Of Love souffle une électro alerte, cette fois encore adroitement parée. La voix fait merveille, c’est de toute façon une constante. Ladies and gentlemen, we are…listening to Fly, dub de l’espace à en clore les yeux. Dans ses effluves pointe Dreaming, climatique, bien plus agité en son terme, de bordures rock appréciables. Les pépites se font suite, Pléiade prend à son tour la tangente. L’épopée vaut d’être vécue, on en tirera tous les bienfaits. Elle a pour terme Starlight, entre cadence hip-hop lestée et motifs d’entre les nuages alors que le chant s’avantage pour la dernière fois. Trip sans retour, Drop! sacre une union porteuse et audacieuse dont on n’a pas fini d’explorer les recoins.

©Melchior Tersen
