La Main, Joann GUYONNET loin s’en faut ne l’a pas perdue. Depuis La Mélodie du Sombre, justement nommé et dernier effort en date, le garçon perpétue ses « dark stories » dans la langue de Barjavel, au gré d’une électro sans œillères. Une Vie, ça tombe bien c’est le sujet abordé, le valorise donc sans délai. Le titre éponyme, dont les secousses de début m’évoquent les Young Gods, sert chant robotique songeur et textes au désenchantement enchantant. L’obscur préside, on en fait là une cure. Le rythme insiste, comme pour garder vie. Le Ciel A Parlé, sur sons d’abord « guitaristiques » pour ensuite palpiter de manière céleste mais soutenue, vaut bien autant. Textuellement, et dans sa peau. Son chant, presque, vire à l’insouciant. Ses spirales envoûtent. Save Me From Myself, dont les ruades entrainent, impose l’Anglais et des parures fines, sur cadence appuyée. Je flotte, vivement, à l’écoute. I Will Yell To The moon, sombre et alerte, fait le crooner. Des profondeurs. Des sonorités 80’s s’en extraient, enthousiasmantes. Il y a dans la tristesse une forme de liesse, du gai dans le résigné. La Complainte Du Noyé, orné de vagues sobres et de marque, réitère, tout à la fois, bonne impression et sentiment de délectable perdition. Il surnage. La plume reste agile, fragile, authentique.

Sur la deuxième moitié Au Son Des Perdus, dont l’électro oscille, porte une belle légèreté. A chaque étape, sur Une Vie, les trames dans la caboche se logent. Elles lui font du bien. Rejoindre Les Ombres, où l’organe éloquent de Morgane Imbeaud complète la diction rêveuse du sieur GUYONNET, postant là un joli duo, calme le jeu. A l’orée du serein, il accomplit sa quête. Dully, en rafales teintées de notes spatiales, n’en fera pas moins. Le beauté se niche, vous disais-je, dans les recoins de l’égarement. Subir La Chute, désireux de vivre, fut-ce ivre (d’eau de vie, d’élixir, de nectar gobé sur le tard dans la nuit qui reluit), poste des nappes que les mots illustrent, ou l’inverse. Il accélère, ça se prend évidemment. Il y a symbiose, en tous les cas, dans l’ouvrage de La Main. Tesson De Bouteille, qui le clôt, convie alors Alexe Brugiere au chant. Il en résulte, terme de choix, des flux changeants que les vocaux, salvateurs dans leurs mots, magiquement effacés jusqu’à entièrement s’affirmer, se lient à des geysers de fin grésillant. Une Vie, arrivé à maturation, risque à tout le moins d’en happer plus d’un(e), fort d’ atouts qu’on ne peut lui contester.
