Tramhaus « Rotterdam » (EP.Subroutine Records/State51, 3 novembre 2022).

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Découvert grâce à son attachée de presse, le quintette batave Tramhaus se fend pour débuter son chemin discographique d’un Rotterdam en colère, à la Idles ou encore Pissed Jeans, bruyant et crié. Ca nous fait, ce procédé, quatre morceaux vraiment pas pourris et Make it happen, chargé de faire parler la poudre le premier, nous inflige une drache cold/post-punk d’abord lancinante au chant narratif, avant de faire rugir ses guitares qui savent, aussi, faire dans le motif mélodique accrocheur. Ce n’est que le début et déjà, pourtant on pressent le sans fautes. Amour Amour, histoire de me conforter dans mon impression, crache un glaviot hargneux sur choeurs féminins guerriers. Mazette, imparable! Ca dégoupille, les riffs sont plus secs qu’un coup de trique. En seulement deux compositions, Tramhaus fait un peu plus que ses preuves. J’entends de plus dans ses guitares, quelque chose des Pixies première époque. L’alliage des voix est parfait, remonté à bloc. Marwan, plus loin, castagne lui aussi, entre entrain et mélopées à la Foil (les 90’s, encore…).

Il semblerait que ces cinq-là, unis, sachent s’y prendre pour, sans politesse orientée, tirer des flèches décisives. Le tir est tendu, en de rares occasions nuancé. La dernière d’entre elles, intitulée Seduction, destruction, s’amorce dans une finesse quasiment pop, légèrement psyché. Mais sans trop attendre, une incartade braillée surgit pour après ça, laisser le « calme » -sous tension- reprendre les commandes. La diff’ est faite, on ne peut le nier. Julia Vroegh (Basse), Lukas Jansen (Chant), Nadya van Osnabrugge (Guitare), Micha Zaat (Guitare) et Jim Luijten (Batterie), fiables, nous offrant là, en guise de départ, un EP façon Tramhaus de la meilleure des trempes.