Se suivent et s’enchainent, en ce trimestre décibelisé à souhait, les dates Lunaires « que si t’es pas là on peut rien pour toi », auxquelles il fait bon s’attarder. Celle qui unissait en ce jeudi soir Hoorsees, fleuron du label Howlin’ Banana, et les rouennais de MNNQNS à l’éventail étendu, entre post-punk, space-rock et élans shoegaze et tu peux encore en adjoindre, en était bien entendu. Après échange avec mon ami Rémi, éduc’ comme moi essoufflé mais malgré tout vaillant, je pénétrais dans l’antre Bélusienne et sans rester à quai, commandais au bar un excellent houblon de la Lune, dont le nom m’échappe mais qui eût pour mérite d’écourter ma fébrile -et néanmoins sereine- attente. Hoorsees, vus fut un temps à l’Ile aux Fruits, allait la récompenser d’un show où mélodies pop, impact rock et valeur des titres règnent, impeccable de bout en bout. Après les Bruits de Lune, la veille, la semaine se prolongeait donc idéalement. Lo-fi et très indé, Hoorsees tient la scène, enthousiasme et incisif, tout en se voulant mélodieux, plantant là des banderilles 90’s qui resteront dans les esprits. On n’en attendait pas moins: A superior athlete, récent opus des parisiens, garantit assurément de bien bons moments.


Hoorsees.

C’est l’entracte, je lorgne alors vers cette bande de jeunes (Doullens? L’Authie? Madame Lepot, si vous lisez ces lignes: « vos » jeunes furent touchants, unis dans une liesse collective merveilleuse à voir). Heureux, unis, vivants. La scène opère sa mue, MNNQNS je le sais va y mettre le fire. Dans cette ville de Rouen, déjà, s’amoncellent les projets valables. Bungalow depression, par exemple, s’inscrit dans ce rayon mais c’est aujourd’hui MNNQNS, armé d’un The second principle sans bornes limitatrices, qui tire son épingle du jeu. Acide et sauvage, parfois pop aussi, le quatuor normand nous joue le tour du set parfait, sans ennui aucun, psyché, vrillé, possédé itou. MNNQNS ne se qualifie pas, trop ouvert pour se laisser ranger. Il flotte, dans la maîtrise, entre des genres à l’imbrication ajustée. De coups de semonce en volutes de claviers, de guitares dures en basse cold, la batterie charpentant le tout sans jamais plier, le groupe encanaille la Lune. Il est doué, au Murmure 2018 déjà je l’avais vu à son avantage et dans la Lune, la même année, rebelote. C’est devenu une habitude, MNNQNS n’a plus grand-chose à prouver et nous nous réjouissons, cela va de soi, de compter par chez nous un projet si parlant.


MNNQNS.

Alors la foule, comme de coutume, clame sa joie. Pacific Trash Patch l’envole, kraut, dans les étoiles. Je pose l’appareil, lui préférant pour un court moment l’échauffement du tronc. Assis. Autrefois j’étais devant, à c’t’heure un état moins alerte me contrait à aller me percher à cette place, dans les gradins, pour laquelle on me (re)connaît. J’y suis bien, j’y vis de précieuses minutes et de notables soirées. Demain ce sera Vadim Vernay, à Flixecourt où collégien, je subis une sévère décrue en termes de résultats. Je me suis, depuis, rattrapé aux branches du travail social. En parallèle, je hante les salles sombres et depuis près de 30 ans, la Lune m’abrite au son de gigs qui tirent vers le haut même quand t’es au plus bas. Je l’en remercie, le 28 ça sera The Soft Moon, magique! Dans l’attente MNNQNS, au zénith du performant, m’aura comblé l’envie de déviance à l’issue d’un concert de tout premier ordre.


MNNQNS.

Photos Will Dum.