Hoorsees « A superior athlete » (Howlin’ Banana/Kanine Records, 22 avril 2022).

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Après un live dans ma ville, concluant et synonyme de vive émotion puisqu’il ponctuait le retour aux « vrais » concerts, et suite à un premier album brillant, Hoorsees pose là, magistralement, son A superior athlete dont l’écoute me ramène, souvent, à la jubilation qu’engendra le Blue Album de Weezer. Entre autres car ici, on songe à plein de bonnes cuvées tout en sachant bien que la formation emmenée par Alex file son propre coton. Lequel, au fil d’un Week-End At Bernie’s au délié trompeur puisqu’assez vite, ses guitares grondent alors que des sons à la Cuomo and Co en surgissent, tout bonnement « bonheurisants », fait merveille. Accalmie, puis retour de la fougue. Perfect. Bien trop bon, dans la foulée et sans qu’on ait le temps de rêvasser Cream & Onion place une pop gorgée d’entrain, mélodique oui mais aussi impétueuse. On sait faire, chez Hoorsees. On laisse le son bruisser, on met aussi des coups de brosse pour faire reluire le disque.

Jansport, en nous filant d’emblée des sonorités qui aguichent, en nous imposant son allant, ses choeurs qu’on braillera partout, ses mélodies qui vos tracent des sourires, sacre un trio d’intro bien loin de faire dans le trop. Il castagne, assène son rythme. Zéro défauts et rien de faux, dans ses pas on balance un Memory’s Knife aux premières notes posées. Il y a ce je ne sais quoi, chez Hoorsees, qui te fait succomber. Ce détail en plus, cette patte personnelle qui le hisse au niveau des plus grands. En Superior artist, la clique parisienne ensoleille ce mois d’avril. La fin du titre vire noisy, tempête maison forcément notable. I’m Wearing My Raincoat In Summer, quelle drôle d’idée mon cher Alex, traine sur la lune. Il est fin, taillé dans un mid-tempo qui finit tout de même par se hérisser pour ensuite réaborder un terrain ténu. Sans foirer, c’est un évidence.

Mis en joie, on poursuit la route pour aller embrasser Blue Pants et son rock pétaradant. 90’s d’aujourd’hui, sur rythme appuyé, et accroche à la Weezer, égalé voire surpassé par la galette en question. Hoorsees triomphe, on ne l’attendait pas à pareille fête. Quoiqu’à bien y regarder, si si. Ca n’étonne personne. Mais l’entendre, c’est bien autre chose. Drama Kings affiche la même vivacité, l’album sort évidemment chez Howlin’ Banana et les copains ricains de Kanine Records. Le titre éponyme s’amorce dans le dénudé, dans la foulée il noise ses mélodies. Avec éclat. Rien à redire, tu t’en doutes bien cher écoutant.

A la fin Real Estate, à l’avant-dernier rang, joue une pop rêveuse. Mais animée, troussée comme on sait le faire chez Hoorsees. On touche au but, TV in the morning (ah ben bravo, bons qu’à chiller ces quatre-là!) achevant le tout dans un format qui couple détente et envolées maîtrisées. Jeu, set et match, Hoorsees is the winner! Je me trompe de sport mais qu’importe; retenez « seulement » l’excellence, jamais prise en défaut, d’une rondelle dont même le digipack, avec les paroles directement imprimées sur sa matière cartonnée, séduira jusqu’au plus réfractaire d’entre vous.