Feu Follet « IV » (Blackjack Illuminist Records, 29 juillet 2022).

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J’ai déjà honoré le Feu Follet d’Alban Blaising, de Nancy, pour son Beneath the earth de mars 2021. Je remets le couvert pour ce IV élevé, où de nombreuses voix sont conviées, pour les mêmes raisons. Sa valeur, ses atmosphères, sa largesse stylistique tenue et son cachet, tous notoires. Après une Intro que je zappe vite, On The Switch (ft. Vlimmer) sert une électro élégante et plutôt céleste, aux notes légères sur chants sombres. Ca prend bien, Speed Of Life (ft. Isabelle B. Baumann) étend ensuite l’attrait en faisant valoir, pour sa part, une forme de trip-hop serein et venimeux qui nous fait le plaisir, soudain, de hausser son rythme. Guitares aiguisées, sonorités comme souvent concluantes font le job, sans jamais faillir. On a connu bien pire, non pas chez Feu Follet, mais chez tous ces groupes dont les sorties aseptisées polluent l’espace musical. Ici on fait dans le vrai, au gré d’une belle identité.

The Pillar (ft. Pat Aubier) marie les chants, merveilleux, avec de l’entrain et, fait récurrent, de la beauté dans le jeu, obscur et mélodieux à la fois. Somebody Else (ft. Vlimmer), aux allures de Depeche Mode bien alerte, s’illustre autant et déploie quelques sons 80’s bienvenus. La faute de goût, chez Feu Follet, ça n’existe pas. Into The Night (ft. Isabelle B. Baumann), sur vocaux spatiaux puis charmeurs et trame acidulée, vivante et virevoltante, fait son effet. Ses décors s’écorchent, derrière eux la voix demeure mélodique. Second Chance (ft. Vlimmer, il est partout celui-là) offre un rendu plus délié, dans la cadence, mais tout aussi prenant dans le climat. Il ne tarde pas, d’ailleurs, à s’enhardir et se parer de notes aiguisées. Le savoir-faire est évident, on oscille pour le coup entre voix « de robot » et organe humain. Under The Trees (ft. Isabelle B. Baumann) visite des contrées psyché, dans un premier temps, pour ensuite se syncoper dans une ambiance diaphane.

On y retrouve, avec plaisir, ces sons malins, en spirales. Tamamo (ft. Pat Aubier) susurre, enciélé. Puis il s’affirme, paré d’un éclat dark qui le valorise. D’une prestance vocale aussi, inhérente à l’album dans son entièreté, qui lui donne du cachet. On en arrive, alors et déjà, au terme de ce IV estimable. Un break survient, le morceau se termine ensuite vivement. C’est In The Depth Of The Wave (ft. Isabelle B. Baumann), vivace et électroïde, cold aussi, brumeux dans le chant, qui met fin à une dizaine de compositions travaillées, collaboratives, au panel d’atmosphères sacrément attrayant. Un effort digne de ses pères et d’un Alban Blaising qui depuis ses débuts impose avec brio sa touche et son approche, personnelle et imaginative.