Mann Of Seasons « The Songs Of Innocence » (Unknown Pleasures Records, 20 mai 2022).

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Side Project unissant Victor-Yann Gand (SWESOR BHRATER & BRUTA NON CALCULANT, frère et collaborateur d’Alexandre G. du Syndicat Electronique ) et Ruth G. Núñez de Arenas, aux activités multiples, MANN OF SEASONS époustoufle, et couple le souffle, avec ce disque hors-cadre -ça tombe bien, il sort chez Unknown Pleasures Records et y trouve sa juste place-, fort de climats lancinants qui nous embarquent loin, très loin, de nos bases usuelles. Au gré d’un La Mora Con Dientes Verdes céleste, le duo initie un première envolée définitive, un brin mystique, dont on ne revient que pour entendre The Little Boy Lost, taillé dans la même étoffe superbe et grinçante, obscure, aux voix dotées d’un certain cachet. Expressives, déchirées comme l’est celle dudit titre. L’ornement est superbe, des percus discrètes concourent à embellir le tout. Les chants s’unissent, enchanteurs. Eternal life hausse le rythme, cold, jusqu’à totalement m’obscurcir. J’entends par là, me réjouir. Multi-tons, Mann of Seasons envoûte. Dimensión Austral s’en revient à des atours de dans les cieux, merveilleux, jonchés une fois encore de sons en nuances de gris. A l’emprise tu n’échapperas pas, captif de ces Chansons de l’innocence pas si blanches que ce que leur intitulé pourrait sous-entendre. Et, au delà de ce constat, complètement immersives. Ou narratives, telle la voix de Ruth sur le morceau cité plus haut.

Altar, plus cold à l’instar d’ Eternal life, mais lumineux dans le même temps de par ses jolies notes, rajoute de l’impact, insidieux, là où déjà nous n’en manquions pas. Ver sacrum, de ses vagues froides et inquiétantes sur récit vocal saisissant, fait de même. Diantre, qu’il est bon d’errer dans cet antre! Poison tree, d’une peau folk superbe, y souffle une forme de clarté. On prend bonne note, à chaque étape, de l’éclat du rendu. Albio traverse le monde, use d’instruments déroutants. Son rythme chaloupé est remarquable, ici on fait dans un minimalisme qui remplit l’espace. Seven Night Full s’envole, léger et grâcieux, au point de sublimer l’opus. Que The Garden Of Love, dans une dernière salve aux vocaux racés, conclut avec panache et dans la finesse, initiant un « atterrissage » dans la délicatesse, gentiment troublée, une galette que valorise une dizaine de compositions aux nombreux effets conséquents pour nos sens et nos écoutilles. Splendide!