Spleen XXX « The dislocation of the real » (Autoproduit, 2 juillet 2022).

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Basé à Rouen, Isthmaël Baudry évolue dans Love in Cage, Morphoex et Spleen XXX, avec lequel il signe The dislocation of the real accompagné de deux acolytes. Un album marqué par la déchirure et de la séparation, que le bonhomme sort presque confidentiellement et c’est là…un tort, tant son contenu vaut le détour. Appelé à voir le jour en vinyle, chez Meidosem Records, il débute avec le titre éponyme. Un bel effort cold, goth, aux accents Sisters of Mercy enthousiasmants. J’entends Bauhaus, aussi, dans le timbre du Normand, et ça n’est pas pour me déplaire. Agony of a shadow s’enflamme, se veut remonté et charme par ses guitares, nerveusement élégantes. Dans…l’ombre justement, teintée de désillusion, Spleen XXX dégote une belle inspiration. Father affliction, sans joie lui non plus, nous rendra pourtant heureux. D’entendre, de valeur, un registre aux basses charnelles, dans le tunnel de la dé-fête. A l’écoute, je m’y retrouve autant qu’en me « sirotant » un petit Lovataraxx. C’est dire la fiabilité du résultat, on sait de toute façon le sieur Baudry performant sur tous les plans. Graphisme et photo lui vont bien, à l’instar du son. Impact of iconography, dans le ton du recueil, marie voix grave et enflamme instrumentale, vivacité du jeu aussi.

On prend donc tout, l’opus est de plus court en dépit de ses atouts. Into the abyss rétrograde, se syncope sans hâte. Dans l’ambiance, on dirait parfois un on vieux Cure. Ere Faith, ou encore Seventeen seconds. Enfin, c’est mon humble avis. Primal and savage renoue ensuite avec une attaque franche, sauvage, mais aussi bellotte dans certaines notes. Se suivent et se complètent, sur The dislocation of the real, les créations vraies et sans rimmel. Ca pulse comme on aime, Spleen XXX évacue et met le mal à distance, autant que faire se peut. Ca le valorise, Sans humanité instaure le Français dans le texte et plante un décor songeur, sulfureux, qui agrémente parfaitement l’ouvrage. Ce dernier prend fin sur Solstice of summer, dark-folk en son amorce, qui passé sa moitié s’anime suivant une envolée retenue, bien pensée et bienvenue. A l’image, au final, d’une sortie dont l’apparition sur sillons constituera l’opportunité de s’offrir de la bonne matière cold, sans édulcorant, conçue par un musicien pluriel et crédible.