Joni Île « Météorage » (Langue Pendue, 20 avril 2022).

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Joni Île vient de Lille, elle fait de la bedroom pop lo-fi dont les airs joliment mélancoliques mettent direct en joie, sans te donner le choix. Météorage, sa dernière casette car elle aime le vintage et ça lui sied parfaitement, regorge de ce fait de ritournelles qui d’emblée séduisent, aux traits d’un des îles qui n’est pas sans me rappeler un Dominique A ère La fossette, pour ce « rachitisme » musical fatal et addictif. Comme l’est château fort, de la même veine évidemment. Ou encore 1 sur 1 et sa basse ronde, sur rythme alerte. Ses guitares brillent, dans le minimum en termes de notes. Ca fonctionne fort bien, Marion Plouviez fait les choses avec goût et sans en rajouter, t’façon y’a pas besoin. Elle écoute Daniel Johnston, Karen O, Courtney Barnett ou encore Bashung, ses références ne sont pas rances mais au final, ‘toute manière, elle dresse sa propre toile. De tente, dans laquelle elle nous joue des mélodies merveilleuses. quand je te dis que c’est impossible nous en refile, sur le fil, en s’habillant d’une parure d’or fin. tu t’en sors toujours s’en sort avec brio, vif et urgent. Le chant en Français, aux histoires de vie légères, parfois plus graves, passe sans forcer. Il ajoute même, à l’album, du baume et du vrai.

Alors marions-nous, ça saccadera. A l’image de toute relation, finalement. Sauf qu’ici, à ce Météorage, on restera fidèle. Il ne trompe ni sur la marchandise, ni sur sa véracité. garden délivre une légèreté frétillante, des mélopées derechef enchanteresses. nomade galope lui aussi, tout s’enchaine jusqu’à charmer sans rémission. fragments, au texte que je sur-aime, fait dans la songerie à la rime vraie. Moi j’adore, m’est avis que toi aussi. A Lille, anyway, résident nombre d’artistes valeureux. Joni Île en est, tu l’auras saisi. narcisse, bancalement orchestral, la sacre. Il se syncope ensuite, prestement, en offrant un chant entêtant. La diff’ est faite, ce dimanche il fait soleil et je jurerais que Météorage, bien qu’un peu ombrageux, n’y est pas pour rien. sauve-toi, m’intime l’ultime morceau, folk, qui n’a pour effet que de me faire persister dans l’écoute de cette K7 jaune au pouvoir d’attraction « encore plus pire » qu’un godet de rosé frais. Ca sort chez Langue Pendue et Marion, elle, ouvre sa bouche parce que la life, ça se chante et ça se célèbre, compos fringantes à l’appui.