Solah « Ballades » (Cheap Satanism Records, 29 mai 2022).

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Solah est le projet solo instrumental de Grégory Duby, guitariste bruxellois connu pour oeuvrer chez Jesus Is My Son ou encore K-Branding, fort d’un parcours l’ayant aussi mené chez Zoho en compagnie d’Aymeric de Tapol, Arnaud Paquotte et Benjamin Chaval (actuellement membre d’Avalanche Kaito) alors que dernièrement, il a fondé Secte avec David Costernaro (Vitas Guerulaïtis, Ta2noisact). Ce n’est pas fini puisqu’il cogère Mandaï Distribution, l’un des derniers distributeurs indépendants de musique alternative issus de Belgique. Avec Ballades, tout à la fois hommage à un ami proche disparu et à Derek Bailey, guitariste improvisateur anglais ayant influencé Gregory pour le choix des morceaux, Solah joue une folk délicate et minimale, dans laquelle j’ai bien failli ne pas rentrer. Ses morceaux, en effet, renvoient une quiétude, parfois troublée et salie (L’été indien, excellent, plus enhardi que le reste), très souvent doucereuse, qui enveloppe mais peut aussi lasser. C’est un havre de paix, sûrement est-ce là, d’ailleurs, ce que recherche Duby. Un refuge, des notes sereines malgré le trouble. On finirait par aimer, si L’été indien se prolongeait, impulsant un peu plus de traces et zébrures. Et là, croyez-le ou non, je prends conscience que Ballades ne fait que reprendre! Reprendre, un gars de la trempe de Duby? J’hallucine. Mais il y met de l’âme, Et si tu n’existais pas le démontre de suite. Il existe, justement, en faisant valoir un éclat épuré.

Il en sera ainsi, soyez-y prêts, sur onze titres sans réelle variation, mais d’étoffe unie. Madame m’attire, par ses gimmmicks. Allongé, les yeux mi-clos, Ballades nous évade. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai envie d’y revenir. Pas longtemps, le temps d’une caresse, au Paradis blanc. J’aimerais jouer comme joue Solah, mais je ne sais pas. Alors je l’écoute, demain sûrement je le quitterai car j’ai faim, sans arrêt, de rock tendu. Solah est beau, sans maquillage, alors tout de même, je l’aime. Un homme heureux, dans le ton de l’ensemble, me renforce dans ce sentiment. Si maman si, pas plus nerveux, aussi. Et dire qu’à réception du disque, à la lecture du label, j’ai cru à la morsure. Je l’ai voulue, ne l’ai pas eue. Pas bien grave, Ballades me trimballe. Il me fout la paix, m’extirpe de l’agitation, même son Que je t’aime passe l’épreuve de l’écoute tranquillisante. Johnny, pourtant, je le déteste. Joué par Solah, il trouve une forme de grâce. Je m’ennuie, mais j’écoute. Allez comprendre…Mio refugio, voilà peut-être bien ce que Ballades représente. Un feu de bois, chaleureux, sécure. Un compagnon, bienveillant. Et chiant. Ennuyeux, mais dont on peine à se séparer. Je comprends plus rien. Do you really want to hurt me, c’est une perle. Zéro douleur, que du bonheur. Elle est d’ailleurs, à la fin, me perd et me retient. J’y comprends plus rien…