Etant passé à côté de Yan Wagner, invité le mercredi précédent, j’attendais cette date du lundi avec d’autant plus d’ impatience, y voyant trôner deux groupes que j’adule. Les Rouennais de We Hate You Please Die d’abord, auteurs de sorties discographiques fonceuses et débraillées, de haute volée. Un quatuor que j’ai souvent distingué ici, suivi par Gustaf « from New York », flanqué d’un Audio Drag For Ego Slobs pour le moins réjouissant. Un programme difficilement occultable, que les quatre Normand(e)s amorcent avec sauvagerie, au gré d’une série de morceaux fulgurants. Ca fait son effet, le leader est survolté, autour de lui ça joue serré et parfois à toute berzingue. Quelques bourrades bien senties, de même que la valeur des titres offerts, font la différence. La Lune commence à se remuer, bientôt ses danses s’endiableront. Il y a de quoi, WHYPD aligne les pavés qu’il lance à la face d’une foule comblée. Ses vocaux éructent parfois (un DSM-VI tout à fait…psychiatrique), en d’autres temps il claque des choeurs sucrés et quand la bassiste prend le chant, on chavire. Je me répète certes mais quand on vient de Rouen, on tient fort bien son rang. C’est le cas ce soir; je récolte ce que j’étais venu chercher, à savoir une décharge rock nourrie et élevée. La clique termine sur un We Hate You Please Die taré et éponyme, partagé avec l’assistance, à l’issue d’une enfilade sans trop de temps morts.


We Hate You Please Die.

On salue la perf, on n’en attendait pas moins. Gustaf va alors, et à son tour, rallier la Lune à sa cause et pour…cause, son live tout en post-punk sautillant, tranchant et aussi Gang of Four que B 52’s, débute par un Mine imparable. La basse trace ses sentiers, ronde. La guitare feule, avec style. C’est d’un énergie qui envoie tout péter, d’une féminité mutine et sauvage qui illustre ce qu’on pouvait lire sur la basse de Chloé Barabé, de We Hate You Please Die, entre les 2 sets: More Women on Stage. La dame fait loi, la dame fait foi, Gustaf s’appuie toutefois, aussi, sur le riffing d’une élément masculin à l’apport audible. Gustaf s’éclate, prend un plaisir fou, alors nous aussi. Et pas qu’un peu. Best behaviooor, this is my best behaviooor, lance l’un de leurs titres. J’adore. L’unisson est polisson, funky, mordant et dansant. Le public, comme pour la première partie, se lance dans des trémoussements frénétiques. Gustaf est dans le bonheur, il nous en concède de larges parts. Ses chants se complètent, sa bonne humeur fait des ravages et ses facéties ne font qu’ajouter à l’excellence de son concert. Même nuancé, il reste persuasif. Mes deux acolytes du soir, des aguerris ayant depuis longtemps quitté les rives de la jeunesse (quoique…), s’éclatent comme des mouflets.


Gustaf.

Gustaf régale, fait bien plus que son taf. Avant l’ouverture des portes il se fit photographier devant la Lune, heureux d’y être, devant mes yeux déjà brillants de bonheur alors que rien n’avait réellement débuté. Rien qu’à les voir, sur le quai Bélu, montrer leur joie et l’immortaliser. On les applaudit, beaucoup hurlent leur contentement. On en réclame. Alors Gustaf revient, pour notre bonheur et pour une dose de jouissance auditive supplémentaire. La « dame aux percus » arpente la scène, virevoltante. Le chanteuse, de ses attitudes démonstratives, en remet une louchée qu’on ingurgite à pleines bouchées. Je n’épiloguerai surtout pas, la mornifle scénique de cette mi-mai est de toute façon de celles qu’on gardera en tête et qui, au delà du satisfaisant, aura distillé son lot de sons addictifs qu’on s’empressera d’aller réécouter sur support une fois revenus dans nos antres.


Gustaf.

Photos Will Dum.