Irnini Mons « Irnini Mons » (Another Record/Taken By Surprise Records, 22 avril 2022).

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Formé par trois membres des énervées Decibelles, auxquelles se joint un deuxième guitartiste (le « t » est une faute, toutefois je laisse l’erreur à la vue de tous car étrangement, elle honore la fonction), Irnini Mons fait un barouf bien ouf, varié, de surcroît, décliné par ce six titres que j’aime jouer fort. Et qui habilement, dans une vision personnelle, inclut hardcore et rock « français » à des chants mélodieux où l’homme et la femme se répondent, non pardon, se complètent. Il a pour mérite, aussi, d’instituer le Français qui, pour le coup, trouve sa place avec une certaine classe, doté de textes figurés. Feu de joie allume le brasier, d’emblée et après une intro qui m’évoque, délicieusement, le médiéval sous chant choral, fait rugir les Lyon, ah pardon sorry, les lions. En voilà une bonne, notez l’humour mais avant ça, imprégnez-vous de ce titre qui, de suite, place Irnini Mons au plus haut de notre estime. Et puis y’a une trompette bien claquante, celle de Julien Bellanger, qui vient border ce morceau bouillonnant. Lequel se tempère, encore en fumée, avant de se terminer bien furibard, riffeur et noisy, porté par ces chants ensemble. Mazette! Excellent l’bazar!

En solitaire, remonté lui aussi, déboite et va vite. Sa voix est masculine, son électricité pourfend les airs. En solitaire, ok, mais dans un collectif bien ajusté. Je ne vois déjà plus, à c’t’heure, quoi faire pour résister. Les sommets remet la dame au mic, la cabane au milieu du jardin aussi mais ça, on l’a senti dès les premières giclées de l’opus. Il est plus pop, lyrique, d’une élégance qu’on se dépêche d’entériner. Des sons hyper bons, en outre, s’y glissent. Irnini Mons sort chez Another Record pour la France, Taken By Surprise l’accueille en Allemagne. Deux belles structures, pour un skeud extrêmement valeureux. Oh, Les sommets prend une tangente saccadée, bien en nerfs, pour finir en jolie bourrasque. Montréal se présente alors, sa marche est celle d’un pachyderme. Stoner? Non, Irnini Mons copain! Et ces vocaux, ente fille posée à la féminité merveilleuse et garçon turbulent. Ca breake, puis l’orage revient. Pesant, sonique, plombé. Et ces textes, saperlipopette!

Y’a tout chez ces quatre zigues. « Montréa, aaaa-aaall ». Damned, ça prend fin. 5100, entre motifs fins et duel des chants, renforce l’adhésion. Rock évidement, post-punk peut-être, Irnini Mons à coup sûr. J’entends, ça et là, Sonic Youth pour les guitares. Ca se prend, qui d’ailleurs s’y refuserait? Du coup Ca part en fusée, la batterie roule et convulse. Voix à nouveau lyrique, les filles se mettent en évidence. Irnini Mons part en orage, y claque du mélodique, et ressort gagnant de la course à la nouveauté. Il décloisonne, pose sa patte et par ce biais, se pare d’une personnalité qu’on pourra lui jalouser.