Buzzard Buzzard Buzzard « Backhand deals » (Communion, 25 février 2022).

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Belle surprise Galloise, de Cardiff plus précisément, Buzzard Buzzard Buzzard parcourt un éventail pop que son talent et ses mélodies enlevées contribuent à rendre attrayant. Backhand deals recueille tout ça avec entrain, d’entrée de jeu New Age Millennial Magic dépose son élégance et son allant glam aux guitares aiguisées. Un EP inaugural a vu le jour à l’été 2020, il est aujourd’hui temps de mette les petits plats dans les grands. Au deuxième rang Good day, fort de ces airs aguicheurs que surplombe un rock bourru, vient parfaire la bonne impression que sans tarder, on ressent. On se prend alors à espérer tout un disque de cette trempe, plutôt vigoureux, au décor joliet. Crescent Man Vs Demolition Dan déboule avec son rock stylé autant qu’ affirmé, on y profite comme usuellement de mélopées qui tapent dans le mille. Voilà des refrains à chantonner, de quoi dodeliner du chef en se réjouissant de la trouvaille. Le tout de manière simple et inspirée, sans forcer le trait ni faire dans le rajout superflu.

Buzzard Buzzard Buzzard me fera même penser, quand arrive Faking A Living, à du Supergrass entièrement délié. Le passage se veut moins alerte que le reste, Yourself est lui aussi un tantinet bridé. Reste la belle pop, qui s’envole dans l’élégance. Je préfère délibérément toutefois, je l’avoue, les penchants mordants du quatuor aux tenues de couleur. Break Right In souffle une pop-rock d’une part bien étayée, on s’y fait vite, et d’autre part plutôt offensive. Du tout bon, British et enthousiasmant. Guitares en fougue et en beauté, perfection des ritournelles incitent à rester en phase. On The Kill Again redescend toutefois d’un cran, en termes d’énergie, mais conserve la patine pop qui caractérise le clan…et s’endiable soudainement. Bim bam boum le tour est joué, voilà du glam qui a la flamme. You fait un peu de même, entre reluisance et passages nerveux. L’ensemble, de plus, incite à la joie avec ses teintes estivales -la pochette, à dominante rose- et ses mélodies fatales.

Feel The Change! se montre également abouti, pop bien sûr, « glamisant », fort de guitares à nouveau rudes et belles. Demolition Song les remet en scène, sur un canevas à peu près similaire. En impact, comme en qualité. Sur onze titres au final, on n’aura pas eu à déplorer le moindre écart. « BBB » détient tout ce qu’il faut pour s’imposer, délivre une brochette de morceaux proches du tube, et termine sur un A passionate life du même acabit, étincelant mais aussi acidulé, taillé dans la classe du Pays de Galles. On n’a alors plus qu’à s’incliner, gagné par la flamboyance du résultat: Buzzard Buzzard Buzzard dépose la concurrence dès son premier LP et séduit en tous points, armé d’une imparable collection de « songs » sans trous d’air.