Jackson VanHorn « A silent understanding » (Icy Cold Records, 26 novembre 2021).

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Multi-instrumentiste basé à Indianapolis (Indiana), Jackson VanHorn se situe entre art-pop et post-punk teinté de cold-wave. A silent understanding est son deuxième album, l’artiste y place douze plages sombres, torturées, que traversent de belles mélopées. Son savoir-faire est certain, Common era s’affaire à en apporter la démonstration, sans se montrer démonstratif. Un brin The Cure, cold-pop, il mêle chant de velours dark, à la Lionel Laquerrière de Nestorisbianca, et cadence alerte. Two evils nous enfonce, l’instant suivant, dans le confort malaisé d’un univers obscur jonché de sons délectables. Le bondissant, d’un point de vue rythmique, Invisible Hand rajoute une pincée de froideur mélodique dans un opus déjà accompli. VanHorn sait s’y prendre, ses basses restent dans le crane et ses morceaux n’en font pas moins. Quelques incrustes électroniques, bien disséminées, parsèment avantageusement ses compositions.

Sur Melancholia, à l’intitulé prémonitoire, on a de nouveau droit à des mélodies aériennes, une cadence vive et des tonalités grises. Ca prend si bien qu’on se contenterait, sans ronchonner, d’un album de cette trempe exclusive. Lady of light nous conforte dans l’idée, fonceur, bien orné, mis en exergue par ces vocaux constamment marquants et des notes fines éparses. The flame, lui, ralentit le tempo et visite des terrains plus atmosphériques. Il n’en brille pas moins, l’ Américain a indéniablement du chien. Il entérine les dispositions entrevues sur After the rehearsal, fin 2020. A Silent Understanding Pt. 1 l’emmène dans un shoegaze syncopé, de ce fait il étend son champ musical. Puis Dissent, exercice cold réussi, se retient magnifiquement, intérieurement nerveux. On prend note, ici aussi, des jolis motifs employés. Après ça Requiem, plus poppy mais dans l’ombre, impose sa distinction.

Jackson VanHorn, de bout en bout, plaira par ses textures et climats. Par sa voix, raffinée, porteuse d’anxiété. Anthropocene, en renouant avec une vitesse subtile, achève de nous gagner. Nul besoin de surenchérir, A silent understanding a en lui toutes les vertus nécessaires à nous rallier à sa cause, à ses élans entrainants. Exile, sur près de sept minutes spatiales qui finissent par filer « as usual », dans un brouillard dreamy prenant, déblaye merveilleusement pour le terminal A Silent Understanding Pt. 2, qui à l’instar de son premier volet exhale une ambiance opaque. Icy Cold Records, une fois de plus, nous dote d’une sortie significative, qui voisine avec les nouveautés signées Je t’Aime ou encore Closed Mouth.