The Nightingales « King rocker (The soundtrack) » (Fire Records, 3 décembre 2021).

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King rocker est un « film rock » signé Stewart Lee et Michael Cumming, dédié à Robert Lloyd, connu en tant que frontman de The Prefects et The Nightingales, ces derniers assurant en l’occurrence la B.O de l’oeuvre cinématographique. Encore peu au fait de la discographie du combo de Birmingham, je le découvre, quasiment don avec ces douze titres post-punk urgents mais pas seulement, que Use your loaf lance dans un groove repris de manière probante, ce qui démontre son impact, par Parquet Courts au sein de ses différents supports. C’est rêche, assez minimal, et ça regorge de petits motifs enthousiasmants. Surplus And Scarcity (live), transcendé par les conditions « en public », séduit itou. Il est, lui aussi, souple et bondissant, orné de sons qui suscitent le plaisir. Un brin arty, The Nightingales joue ensuite son What A Carry On apaisé, joliet. Let’s Think About Living (7″ version) suit, légèrement rockab’, racé dans son chant, fort d’une énergie punky. Ses guitares s’offrent des escapades bien senties, dans un format débraillé mais bien tenu. Black Country (7″ version), sur plus de six minutes, pose d’abord des airs bluesy racés. Il amène autre chose, d’un point de vue stylistique, au répertoire des Nightingales, et fait valoir un beau duel vocal.

Ghost, qui suit, se passe presque de tout ornement. Doucereux, il laisse le chant s’exprimer. L’énergie retombe, certes, mais le contenu reste de choix. C’est avec Born Again In Birmingham, riffs sauvages à l’appui, qu’on renoue avec une dynamique post-punk saccadée. Son chant en parlé-chanté l’avantage, de même que sa texture aussi fougueuse que bien mise. Le débit vocal pourrait rappeler The Fall, la tchatche dénonciatrice d’un Mark E.Smith. Overreactor maintient une vigueur marquée, une urgence d’obédience punk, encore, que tempère la voix. Large, The Nightingales réussit dans toutes ses entreprises. Thick And Thin (glam version), glam et funky dans ses guitares de début, vient pulser en se montrant, à son tour, beau dans ses éraflures. Il a de l’allure, rappelle le son surf, dérape, vire noisy. Un régal, où des chants wild apparaissent sur le tard. Chaff, dans une étoffe adoucie, presque pop, engendrant la même adhésion. Ici aussi, on a droit à des chants qui se complètent, différents mais pour le coup complémentaires. Elle vaut beaucoup, cette B.O., et ne peut que créditer le film dont elle est extraite.

Sur la fin The Desperate Quartet, à dominante folk, à nouveau estimable dans les vocaux, explore d’autres champs. Ca se confirme, The Nightingales touche à tout sans rien mettre en péril. Nouvelle dualité vocale, sur ladite composition, de qualité, avant une pluie de cordes majestueuses. A l’approche d’une année 2022 dense pour lui, en termes de rééditions, dates live et livre de « lyrics », le groupe revient en marquant son monde. Gales Doc, basse grasse en avant, porte la dernière touche bluesy/post-punk alerte à l’ensemble, en usant de ce timbre de voix qui, du début à la fin, donne du cachet et élève les débats. Voilà un « King rocker (The soundtrack) » qui attise l’impatience de voir toutes ces ressorties fleurir et, en plus de ça, incite à aller « checker » le parcours des Nightingales. Lequel certifie, sans nul doute, un bonheur auditif ravivé par les chansons de ce disque attrayant et sans fausse note, qui voit le jour chez Fire Records.