Pess “You Can Make Hamburger Yourself” (Aagoo Records, 26 novembre 2021).

0
221

Duo formé à Tokyo, en 2019, Pess est constitué des compositeurs et songwriters Mitsuomi et Haruka. Il évolue dans une veine indé où pop, rock et mélodies teintées de sons noisy s’imbriquent, formant ce You Can Make Hamburger Yourself qui est leur premier album. Pess a vu le jour lorsque les deux comparses se sont découvert un amour mutuel pour Citrus, issu de la subculture nippone des 90’s. Il dégorge, ici, sept chansons qui font du bruit et dépaysent de par leur timbre de voix (le titre éponyme chargé d’ouvrir et qui le fait très bien). Le registre est frais, vivifiant, redevable aux 90’s, à la pop à guitares. Le tout est catchy, immédiatement plaisant. Dream Spin joue une électro-pop exotique, mélodique et légèrement noisy en arrière-plan. Ca pulse, ça fait fuser les sons. You Can Make Hamburger Yourself a été troussé à la maison, il est somme toute assez jubilatoire. Roller Coaster file une pop-rock urgente, exubérante, qui laisse ses guitares rager. L’opus s’écoute d’un trait, sans le moindre arrêt. C’est chez Aagoo Records qu’il sort, ce qui constitue indéniablement un bon point en plus et un gage
de “non soumission” dans le contenu.

Hieroglyph, au milieu des débats, se poppe et ne perd pas une once d’éclat. Il virevolte, dépasse à peine les deux minutes. Wind of June joue des percus, sa basse ondule. Il fait retomber la pression, clair et sans tapage. Il offre de beaux cuivres, typés 80’s. Pess, à ma connaissance, n’a pas de page dédiée. C’est bien dommage, il gagnerait à se faire connaitre. Pixel, électro-indé, confirme que pour le coup, la paire délaisse la vigueur qui usuellement la caractérise. Sans porter atteinte, notons-le bien, à son effort et quand bien même je la préfère “pétante”. Des synthés légers font leur apparition, conférant à la plage en question des atours célestes aux recoins sombres. Il n’y qu’à se laisser porter: l’effet est sûr, éventuellement durable. S’il fait court, Pess ne faiblit pas. Throw It Away, dernière livraison, insinue un ultime shoot de plaisir simple, au gré de sonorités d’obédience new-wave à nouveau notables, alertes et cuivrées/bruitistes. Voilà un disque de bonne facture, sans creux et plutôt varié, qui fait honneur à ses deux créateurs et initie un début discographique prometteur.