Stubborn Trees « Roots » (Autoproduit, 12 novembre 2021).

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Cantilien, Stubborn Trees me plut lors de son Bruits de Lune récent, dans ma ville amienoise. Sa prestation puissamment mélodique, majoritairement redevable à « mes » chères 90’s, dévoila alors un groupe solide, même si influencé…de manière bien assimilée, il faut le dire. Roots, son deuxième EP, presque un album avec ses huit chansons au total, tend à valider la bonne impression laissée ce jour-là. Entre rock, métal et grunge avec mélodies soignées d’obédience pop, il montre les crocs dès Fake Of Me où riffs métal, élans à la Alice in Chains et trouées mélodieuses dansent le même pogo. De bonne facture, le titre d’ouverture fait monter la température. Who I Am fait ensuite valoir des abords spatiaux qu’une rythmique sans frein vient percuter. Power-pop, grunge encore, plein de vitalité, c’est un deuxième effort qui, lui aussi, met la gomme et fait ses preuves, juvénile dans sa vigueur. Des guitares lyriques s’invitent, on va de plus à l’essentiel et l’essentiel, c’est le plus important! Passé ce coup de « génie » verbal, j’en viens à What You Want, fort des mêmes prétentions. Force de frappe immédiate, chant féminin qui allège le tout, organe de bonhomme lui répondant, le tour est joué.

Sans détours inutiles, sans faire, non plus, dans le simpliste, Stubborn Trees conçoit de bonnes plages. La clique de l’Oise joue bien, sans verser dans le « t’as vu c’que j’fais ?! Ca breake, sans s’égarer. Mention bien à ce début d’ep/album, assorti d’un Tempus Fugit cordé et massif, puis quasi folk, qui en fait introduit Carpe Diem. Une incitation, donc, à tirer profit du moment présent et c’est bien ce que l’on fait, sans bouder notre plaisir. Carpe diem est rageur, pop dans son refrain, dans la lignée de l’équilibre atteint par Stubborn Trees dans ses différents travaux. Riffs lourds, brisure de rythme, vocaux en colère, puis come-back des airs plus polis. Ca tient debout, c’est peut-être pas la révolution d’un point de vue stylistique mais la crème (Chantilly, pardon pour la médiocrité) est bonne. Alone déboule et met des coups de boule, fonceur et ardent. Il va de soi que les effluves de mélodies, un peu comme chez Therapy?, contribuent à entériner le bazar. On ne s’y ennuie pas, loin s’en faut. La fin du morceau est appuyée, jusqu’à l’arrêt total. Humble Pie sonne après ça de manière convaincue, dans sa posture polie-insoumise.

On note l’usage de sons qui plaisent, en nombre. Le terme de Roots se profile donc sous les meilleurs auspices, après une bordée de « tracks » bien couennés. C’est What’s Left, au jus rock’n’roll appréciable, qui porte l’assaut terminal. La recette ne change pas, on se positionne au mitan des genres qu’on affectionne. On y met de soi, avec pas mal d’entrain et d’implication. Quand le discours est achevé, le cadre posé, on a le bon goût de ne pas en rajouter. Roots est un disque de qualité, Stubborn Trees allie donc scènes bien campées et sorties sillonnées sans réels travers, à l’image de l’EP décrit en ces lignes.