Elser “Elser” (EP.Araki Records/Hecate Records, 12 septembre 2021).

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Sombres Ballades Orchestrées. Toulouse (France). On n’en lit guère plus, au sujet d’Elser, sur sa page Facebook. C’est donc l’écoute qui prime -c’est le cas, de toute façon, en toutes circonstances- et de ce point de vue, on se fade la découverte d’un quintette aux ambiances fines, immersives, qui se fendent de textures jazzy de nature, parfois, à se laisser zébrer par l’électricité. Ce From The Start inaugural, d’abord paisible, le démontre majestueusement, avec une pointe de rage et de rudesse bienvenue. Le chant, pour sa part, demeurant ténu et sensible. Sous mes pas, ensuite, se cuivre imperceptiblement. Il est lui aussi feutré, puis s’anime de soubresauts jazzy, certes, mais nerveux, électriques de manière éparse mais marquée. Elser excelle dans la juxtaposition de ces deux options, l’une douce, l’autre plus écorchée. Il pose, aussi, des airs jazz qu’il apprécie de pervertir. Ce faisant, il est à la fois beau à entendre et colérique, use du Français, sur le titre en question, sans que ça fasse vaciller le rendu. Stay, lent, subtil, se livre lui à des atours exclusivement paisibles, qui s’assombrissent toutefois à l’approche des quatre minutes…et finissent en une superbe gerbe de cuivres bien free. Elser, et ça s’entend, développe sa propre vision.

Tout bas, aérien en son départ, s’emporte lui aussi. Dans la grâce, dans le vent et le sonique. Il mêle tout ça avec maestria, emploie des mots élevés. On tombe sur des geysers sonores, soudains, qui se suivent d’accalmies patinées. C’est chez Araki, et Hecate, que sort l’objet. C’est un atout de plus, et puis si on doutait encore, Sun vient étayer l’ep avec efficience, au gré de salves presque psyché mais selon, bien entendu, une certaine portée noisy. Elser s’est forgé, sans tarder semblerait-il, une identité audible. Empty, bref mais marquant, car élégant, termine sans, pour le coup, imploser. On n’en voudra à personne, Elser a d’ores et déjà fait ses preuves et posé les bases d’une personnalité qu’on ne peut nier. Camille de Carvalho, Vincent Povedano, François Remigi, Morgan Casseau et Hugo Brun, membres du projet Elser à suivre de près et à écouter attentivement, signent donc un premier jet attirant, à la hauteur de ce que recèlent les deux structures unies pour sa sortie.