Mahalia Ravoajanahary, chanteuse et guitariste de LohArano, revient à l’heure de la sortie du premier EP du groupe, entre rock-fusion et rythmes typiques de Madagascar (tsapiky, salegy), sur la genèse et les activités de ce dernier…

1) Pouvez-vous, pour débuter, m’éclairer sur le parcours du groupe jusqu’à ce premier EP à sortir fin mars ?

LohArano a émergé en 2015. Durant quelques années, on était surtout à la recherche de l’identité du groupe et on a plus enchainé les travaux en studio que la scène. En 2018, on a eu l’opportunité de participer au festival Libertalia qui nous a beaucoup marqués et nous a ouvert plusieurs opportunités. Par la suite, on a sorti nos deux premiers singles « OAY » et « Andriambavitany » et nous voici aujourd’hui avec un EP tout frais, introduit par la sortie d’un extrait de celui-ci : « Fototra ».

2) LohArano signifie La Source, qu’est-ce que ça évoque pour vous ?

LohArano parce que tout le monde est source, source de tout ce qui existe, créateur et façonneur du monde, chacun est « source ». Il faut se mettre ça dans la tête ! (rires)

3) Votre son, posté entre musique malgache et, je dirai, metal-fusion, est singulier. Comment en êtes-vous venus à un tel brassage ?

Déjà, la musique malgache nous a bercés depuis toujours et quand on s’est rencontrés, LohArano était tout sauf un projet rock et métal bien qu’on soit des rockers. On voulait partir sur d’autres bases pour explorer d’autres horizons, mais au fur et à mesure que le temps passait, le côté rock et délire émergeait toujours et ça a donné le « LohArano » qu’on entend aujourd’hui.

4) Comment se porte, à Madagascar, la scène musicale ? Avez-vous déjà pu y faire votre place, comment y est perçue votre « mixture » audacieuse ?

Il est très difficile de se faire une place sur la scène malgache, surtout si on n’a pas de fric. Il est plus facile d’avoir du fric sans avoir de talent et de percer, que l’inverse. On se voue au combat pour trouver notre place ! (rires) Au final, les gens sont curieux et apprécient le fait d’entendre dans notre musique une sonorité qui évoque pour eux une musique « gasy ».

5) Quel regard portez-vous sur votre EP, que représente-t-il pour vous ? Comment l’avez-vous conçu ?

Vu que c’est notre premier EP, il est important pour nous que les gens sachent qui on est… On l’a conçu dans le tas ! (rires) On a pu avoir du recul durant le confinement de 2020 et aborder ce qui était vraiment important pour nous.

6) Cet EP est-il prétexte à aborder des thématiques précises ? Quels sont les sujets qui nourrissent vos textes et vos sonorités ?

Cet EP évoque surtout l’importance de la source, de qui l’on est, d’où l’on vient, où on va, nos ressentis parce que quand on perd notre histoire, notre identité, notre langue, nos cultures et tout ce qui va avec, il est plus difficile d’avancer.

7) Vous œuvrez en trio, est-ce selon vous la meilleure formule pour une musique aussi explosive que la vôtre ? Quelle est la part de chacun dans le travail du groupe ?

Dans le groupe, on compose et écrit tous, ça dépend vraiment des jours. On travaille ensemble sur tous nos morceaux que ce soit dans la composition, l’écriture ou l’arrangement après, pour aboutir à un résultat concret ; c’est juste une question d’organisation. Notre travail est le résultat de notre trio, c’est évident pour nous que c’est la meilleure formule (rires).

8) Quels sont vos projets actuels, mis à part bien sûr le fait de défendre l’EP ?

Il est très difficile d’avancer quoi que soit à cause de la situation actuelle. Mais on prévoit bien sûr de nouvelles sorties musicales.

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