Purrs « Rhyhtm + Ethics » (EP.Autoproduit, 12 mars 2021).

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Angoumoisin et néfaste pour ses paisibles voisins si rangés ils sont, Purrs crache un rock indé à l’écaille post-punk, à l’intensité façon Von Pariahs pour le situer péniblement car à l’arrivée, il transpire sa propre sueur. Rhyhtm + Ethics est son deuxième EP, un support éponyme ayant vu le jour en octobre 2015. Cinq pavés solides et explosifs cimentent l’objet, posé sur un socle solide. Du fiable assurément, que Navy présente en passant la bague à deux doigts: celui de la noise, et celui d’une galopade post-punk hautement réjouissante. Une furie à la Rendez-Vous, appuyée, remontée, qui ne s’en laisse pas compter. D’autant plus combative quand les chants, partis à la bataille, vont de pair. On tombe la veste, prêt à en découdre et sacrément bien armé. La conviction est décisive, audible. Les compositions griffues, soniques. Et concluantes tel ce Sink intense et, dans le même mouvement, délié. Notons qu’en live, Purrs s’avère plus offensif, encore, que sur ses sorties discographiques. Un petit lien ci-dessous, avant de poursuivre mon écrit, ne devrait aucunement peiner à vous rallier à la cause du quatuor.

Ceci étant dit, galvanisé par la vision de la prestation, merci de revenir à mes lignes. Keep swimming, suivant une montée qui débouche sur une issue fervente, assied Purrs ou plus précisément, ses aptitudes. Celles-ci sont évidentes, la suite des événements et du parcours du clan les validera totalement. Pour l’heure on en arrive à trois titres tancés avec soin. Sur celui-ci, on breake avant d’insuffler une zébrure noisy impossible à repousser. Rhyhtm + Ethics est compact, shooté à la vigueur, dopé à la colère post-punk. On n’est pas là pour se pâmer, il s’agit avant tout d’asséner des compositions qui forceront la décision et imposeront le respect. Et l’écoute. On aimera évidemment, en invétéré de l’indé pur jus, les vagues nourries de l’EP. Ce dernier est fait de rythme, rhythm donc, et d’éthique car on ne doute guère que sur ce plan, Purrs soit à l’opposé du défaillant.

Tribe, d’ailleurs, impulse d’emblée sa sève et son allant. Le chant continue à se faire péremptoire, guitares et rythmique se fondent en un tout sans fissures, incandescent. La basse pulse à bloc, entraine le morceau vers des pistes chauffées au fer rouge. Je joins Purrs à ma liste, précieuse et d’importance, des Français surlignés au vert. Celui qui indique qu’ils ont le feu…vert, notre approbation, et les capacités à placer leurs créations à un rang pour le moins honorable. On ne peut en douter, à l’heure du cinquième et dernier titre le brasier reste allumé. Buzzing, entre force de frappe et instants « modérément modérés », se frayant un passage dans les recoins de nos binettes. Son final, comme de coutume, est massif, chanté à plusieurs, sans équivoque. Voilà encore du bon, un EP adroitement enchainé et quasiment constamment déchainé.

La conclusion est, par conséquent, claire et nette. Purrs déboite, affuble Rhyhtm + Ethics d’une jolie pochette et jouit, aux manettes, des services d’un Oli Simpson auteur d’un p+++++ de bon boulot. Toutes les conditions sont réunies pour le voir s’imposer, pour cela un album serait de bon ton. Dans l’attente, on n’a plus qu’à s’envoyer à volume bien « high » cette enfilade de morceaux aboutis aux poussées « allégées », car il en existe, aussi judicieuses que réduites en nombre.

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