Cloud Factory “Cloud Factory #1” (3 juillet 2020, Howlin’ Banana/Le Cèpe Records).

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A Toulouse, en termes de groupes qui envoient un doux vacarme, c’est jamais la loose. La ville rose regorge de groupes qui arrosent, parfois s’associent et c’est le cas avec Cloud Factory. On y trouve Alice (Noir Audio) et Robin (Cathédrale), à la base du projet, qui rapidement s’acoquinent avec Bruno (Renarde) à la batterie , Romain (Maelstrom) à la guitare, et Ben (Bogan) à la basse jamais à la ramasse. Alors on crée, la dream-team de l’indé qui arrache ne tardant pas à nous livrer ce premier EP merveilleux au sein duquel voix de choix (joli chant miss Alice!), griffures post-punk et son écorché nous plongent la seringue dans l’oreille, direction l’excellence sonique. Avec Amnesia, dont on se rappellera, urgence post-punk et sucré de la voix, un brin impétueuse, accouchent d’emblée d’un titre qui gagnera des titres. On voit bien que dans la grande famille du sud, jouer ensemble est naturel. L’amoureux des mélodies aimera et s’il ne rejette pas le bruitisme, il tombera à la renverse. De plaisir. Emballant, le début se confirme à l’arrivée de ce Dead bodies 90’s charmeur et soutenu. La dame fait dans le ouaté de caractère, la douce mutinerie. A côté, les mecs assurent l’écrin parfait. Howlin’Banana, associé pour ce coup de filou à Le Cèpe Records, a encore flairé la bonne affaire. Avec eux, pas à s’en faire. A chaque cuvée, on remplit l’tonneau.

Au milieu de l’ep, la psych-pop acidulée de No data te fait des câlins, un peu coquins. Lo Spider, re et re-reconnu localement, assure de plus une production lo-fi dont on ne trouvera pas les failles. Il met en boite, avec Cloud Factory, de l’entêtant définitif.

Sur cinq morceaux qui outrepassent le satisfaisant, le quintette nous chamboule la tête. Imaginez, alors, sur un album d’au moins dix plages. Bon je divague (quoique…), recentrons-nous sur l’ep et profitons à plein de Talk too much. Féminité chantée, torrent rock à la lisière du poli et de l’impact sans glissières. Mélodies, bourrasques mesurées. Avec tout ça, Cloud Factory persuade son monde “easy”, comme diraient les djeuns. On en redemande, notre appétit va être comblé par le cinquième, et dernier, morceau de la troupe. Un certain Try.

Celui-ci fait mieux qu’essayer. Oh, il m’évoque les Breeders. Autant dire qu’il monte bien haut en vertu. On est dans cette pop indé, on ne le dira jamais assez, qui brille comme une étoile et fleure les 90’s jusqu’à susciter la convoitise. Cinq tracks donc, et cinq pépites qui crépitent, à se procurer toute affaire cessante.

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