Feldup “A Thousand Doors, Just One Key” (Talitres.26 juin 2020 numérique, 21 août CD/Vinyle).

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Chez Talitres, on possède un catalogue de haute tenue. On friche, on défriche, on découvre grave, on met en scène des jeunes -et moins jeunes- talents d’emblée prometteurs, comme l’est Félix Dupuis AKA Feldup, auteur, déjà, de près de dix enregistrements dont le dernier en date, ce A Thousand Doors, Just One Key lo-fi où il gère tout comme le jeune adulte doué qu’il est, lo-fi sans failles, aura raison de nos failles. Et prouvera à tout l’auditoire que s’il existe dans l’hexagone des “moineaux” capables de faire la nique aux grand aigles, et de voleur de leurs propres ailes, alors Feldup en est. Et chez Talitres, ça fait deux mois que le son tourne sans relâche dans les lecteurs du label. C’est quelque chose, avec Century long fire Feldup mêle intensité, ferveur sonique et émotion vocale…et l’inverse. Voilà déjà de la pop-rock tubesque, doté du chant d’un aguerri dont on croirait que déjà, il a 35 ans. Me voilà emballé, je chante devant mon écran dans un Anglais moins aiguisé que le sien. Le franc-comtois parti étudier le son près de Paris, qu’il aime modérément (l’ultime titre de son bijou, Paris I hate you, le déclare sur un ton pourtant feutré, dans un format pop atmosphérique, psyché et délicat), brille et scintille. Son Falling appart, d’un rock où giclent à la fois mélodisme et énergie liée à son jeune âge, le fait monter dans notre estime, d’ores et déjà élevée. Attention, lo-fi un peu Pixienne, à la Sebadoh aussi, tourne le regard vers les 90’s. Le Félix, à cette époque, n’était pas né et malgré ça, il égale quasiment, ici, les régalades qu’on y décelait. Take it slow, majoritairement…slow, le voit adoucir son oeuvre avec grâce.

Bluffant, l’album émerveille. A little less cold, rock à guitares griffu, mène l’embarcadère entre remous et eaux calmes. Mental health, outre sa thématique digne d’intérêt, d’un pas alerte, offre une pop gentiment cold, ornée aux synthés bonnards. So heavy, au décor folk dénudé, ajoute du beau à ce disque étincelant. Feldup est de toute évidence sur la voie royale, celle qui mène tout droit et sans écueils à un succès mérité. The spiral, dont l’étayage et le tissu vocal respirent la douceur, pose le jeu. C’est magnifique, ça fait chuter l’impact rock de m’opus mais qu’importe; tout y est bon, varié, mature à outrance s’agissant d’un musicien de cet âge.

Almost gave up, en montant doucement, en se montrant scintillant, polit ses mélodies. Feldup est au sommet de son art, sa place chez Talitres n’est pas discutable. Si l’énergie est, sur ce passage, quelque peu moindre, il a le bon goût de servir ensuite, sur plus de 11 minutes, un Stockholm dont les variations entre poppisme et jus rock noisy, entre quiétude et vitesse d’exécution, accouchent d’un morceau magistral. On s’incline, le very young man déploie bien trop d’atouts pour qu’on le mette en doute. Son Paris I hate you terminal prend fin dans un drone gris, représentatif semble t-il de sa vision de la capitale.

Capital, A Thousand Doors, Just One Key l’est et ce, de bout en bout. Il est rare, je me répète certes mais le plaisir de l’écoute m’y pousse, de renvoyer autant de talent quand on a à peine la majorité. Go on young man, you’re precious to us!

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