Public Practice “Gentle Grip” (Wharf Cat Records / Modulor. 15 mai 2020 digital, 26 juin 2020 CD & LP)

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Groupe de New York, Public Practice inclut la chanteuse et parolière Sam York et le guitariste et principal architecte sonore Vince McClelland (tous deux membres du groupe post-punk new-yorkais WALL), avec le concours de Drew Citron, au synthé et à la basse, et du batteur/producteur Scott Rosenthal (issus, eux, du groupe indie-pop de Brooklyn, Beverly). Les deux premiers nommés privilégient une approche “anarchique” de l’écriture, les deux autres font dans un cadrage plus pop et ensemble, cette joyeuse et pertinente clique nous refile un disque magistral, nommé Gentle Grip. C’est leur premier et disons-le tout net, c’est un coup de maître(s). Entre post-punk, funk, no-wave, disco et encore d’autres bribes musicales, en installant “direct” un groove de fou (la basse du funky et rafraîchissant Underneath), on jurerait que ceux-là se connaissent depuis des lustres. Moon, dans une giclée psyché aux séquences qui déclenchent du plaisir, barré et perché, engendre déjà une délicieuse tambouille. Il s’embarque dans une fulgurance simultanément cosmique et bourrue, la voix visite l’espace, les choeurs charment. On ne ressort pas indemne de cette “foncerie” initiale, laquelle place déjà la barre très haut. Et comme une rythmique sautillante, couplée à des petits riffs délectables, prend les commandes de Cities, eh bien on succombe. Ca sent bon les late 70’s autant que ça fleure le 2020, ça groove continuellement. On joue à saute-mouton avec les styles, ça se danse jusqu’à choper une inflammation des petons.

Disposable, batterie en cascade, sons fins et basse une fois de plus en vue, riffe cru. Essayez de résister, vous m’en direz des nouvelles. On est pris, attrapé, coincé dans la bulle Public Practice. Il en émerge, aussi, des tons à la B 52’s, alors pensez si c’est bon tout ça. Régulièrement, le titre breake et se relance, ça lui donne une dynamique incoercible. Each other, vif, mis en exergue par ses riffs et vocaux énergiques, vaincra lui aussi. Diantre, fichtre, quelle découverte! Le Underneath cité plus haut nous sort ses meilleurs atours, venant parfaire une première moitié ans défauts, loin s’en faut.

Alors on danse, au son de ce dernier. Puis See you when I want to, doté d’élans dub bienvenus, apporte sa contribution, quatre-cordes une fois encore porteuse à l’appui, à ce Gentle Grip auquel on s’agrippe. My head nous fait le coup de la funk dansable et semeuse de joie. Public Practice fait feu de toute note, il mérite ici une…note, justement, proche du maximum. Les vagues sonores, habiles, déclenchent, encore, des envies de danse. Compromised, à l’instar des B 52’s mentionnés dans cet écrit, fonce, guitares acérées dans le dos, sur un rythme rapide. D’un coup, il se modère, puis repart dans un tourbillon fonceur. Il prend à peine fin que Understanding, dub et funk, nous ramène sur la piste. Sur ce disque, les “coupures” sont fréquentes et instaurent une impulsion nouvelle. Tout y est bon, abouti. Leave me alone, psych-dub, en remet une louche. On franchit la dizaine de morceaux sans le moindre accroc.

How I like it, urgent, lance un rock musclé. Les voix associées le renforcent, il dérape et mord les fesses. Le quatuor, optimal dans son ébauche, frappe un grand coup. Il a de plus le bon gout de bien finir, sur un Hesitation qui caresse le funk, ondule, riffe cru, terminant un Gentle Grip de haute volée. Il s’agira pour le groupe, après ce disque de haute volée, d’assurer une suite du même tonneau. Il en a les capacités, la rondelle décrite ici le prouve de bout en bout. Elle vaut l’achat, sans aucune hésitation, et l’écoute maladive de ses douze compositions largement au dessus du lot.

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