La Phaze “EP” (AT (h)OME, 7 mai 2020).

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Comme déjà dit par ici, La Phaze opère un retour en force, entre réédition de son mythique Pungle Roads (chronique/interview), cet EP trois titres donc, et un nouvel album annoncé ensuite. Le fait réjouira pas mal de monde, on ne le niera pas et ces morceaux, percutants, raviveront l’impatience, telle…celle des jeunes adultes (Avoir 20 ans et ses cuivres dépaysants) “mis à l’honneur”, si l’on peut dire, sur le second morceau de ce nouvel opus. Un essai à la fois reggae, coolitude sur l’épaule, beat hip-hop et motifs surf dans la cartouchière, et frontal lorsque le flux électro-rock franco-hispanisant du trio libère toute sa sève. Le texte est lucide, il dépeint avec acuité la réalité…globale, pas seulement celui d’un jeune confronté tout à la fois à l’incertitude et à l’âpreté sociétale.

Avant cela, l’inédit Tabasse (les deux autres plages “tournaient” déjà sur le net) aura placé ses riffs durs, ses sons à la Prodigy époque Music for the Jilted Generation. En parlant de jilted, “délaissé” pour ceux qui auraient..délaissé l’anglais, ça tombe d’ailleurs bien: c’est en partie le propos d’ Avoir 20 ans. L’ouverture, en tout cas…tabasse. Dénonciatrice, elle a comme le reste le mérite de soulever des faits sans se planquer. Pas le genre du groupe, toujours prompt à relever l’inadmissible. Combatif et remonté, La Phaze nous revient dans une forme optimale. Des…phases orientalisantes, sur l’amorce, épicent l’effort.

Fort de sa fusion maison, La Phaze entame une nouvelle ère, dans l’unité groupale à défaut de la trouver dans le monde. Sourire au teint de glace illustre bien le constat, dans son allant électro-rock dopant et revigorant. De refrains à reprendre en phrasés soutenus et vindicatifs, ici, on ne dissocie en aucun cas son et discours. L’un sert l’autre et inversement. Musicalement on malaxe, les genres se…tabassent. La lutte est féroce, au final c’est La Phaze qui tire les lauriers du combat. L’adversaire se voit affublé d’une périlleuse mission; se hisser au même niveau de brassage, de clairvoyance, qu’Arnaud Fournier, Speaker Louis et Damny Baluteau. D’aucuns diront “c’est mort”, le challenge demeure toutefois intéressant à relever quand bien même les trois comparses ont d’ores et déjà pris les devants, de manière significative, avec leur EP.

Désormais signé chez AT (h)OME, le clan place la barre très haut. Il la tient d’ailleurs bien, visiblement prêt à en découdre comme à la première heure. J’ai plus 20 ans, assène t-il. Vrai et pourtant, l’écoute présente un groupe en verve, servi par le savoir-faire de jeunots qui seraient tombés dans la marmite à talent et continueraient, plus de…20 ans après, tiens donc, à en tirer les bénéfices. La Phaze, on l’écoute et son propos on entend. L’EP en présence est, en prélude à un album qui rassasiera sans nul doute son public, une mise en bouche dont on se resservira, sans hésiter, de belles lampées. Welcome back messieurs; vous êtes les bienvenus, vous, vos bruits et mots, dans ce monde aux foutus maux.

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