Les Deuxluxes “Lighter Fluid” (28 février 2020, Bonsound)

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C’est un duo, premier atout. Ils sont Canadiens et c’est pas rien, 2ème atout et c’est pas tout. Ils font du bruit, ça porte ses fruits, et font clasher rock’n’roll et psychédélisme. Lighter Fluid est leur 2ème album, celui de la soi-disant “confirmation”. Un ineptie pour eux qui, à 2, ont fait leurs preuves sans plus attendre et sans faire les tendres, si ce n’est sur quelques morceaux un peu moins fougueux que les autres. Bref. Les Deuxluxes, qui placent dans le même embarcadère Anna Frances Meyer et Etienne Barry, sont en plus chez Bonsound. Dont le nom est, vous vérifierez mais j’en suis “sur et certain”, prémonitoire. Il suffit, chose simple et jubilatoire, de se pencher sur le cas de ce disque où l’homme assure Guitare, Drum, Voix et la Dame se charge de ceci: Guitare Tenor, Voix. Trouvant un équilibre et une dynamique flagrants, ils nous larguent un plein chariot de morceaux percutants, l’éponyme Lighter Fluid faisant convoler voix féminine aussi sucrée que révoltée, rythme lancé au galop, riffs dynamisants et sobriété d’un jeu sans fausseté. Le début est bon, sa suite ne prend pas la fuite; No way, garage et tubesque comme un titre signé Blood Red Shoes, rugit lui aussi comme on aime. C’est du Bonsound from Montreal, idéal, qui pétarade avec caractère sur I am the man. Et qui se fait psyché, après, à l’occasion d’un For I myself tranquillisé, clairement plus céleste que le début.

C’est toutefois pour mieux repartir, vivement, en eaux rock’n’roll. Vacances Everest, entre Anglais et Français, dévoile de beaux choeurs, une pop ‘n’roll qui nous emporte dans son flux à la frontière du mélodieux et du débridé. On aime. Beaucoup, parce que ça cogne avec une certaine esthétique. Et en se permettant le dépaysement (Beware of the dog), sous l’impulsion de sons “autres” et d’une cadence tenace. Ca met des beignes, on tend l’autre joue parce que ce type de mornifle, ça ne fait pas le moindre mal. Alors continuons, compagnons.

C’est maintenant Down on the street loose, je ne vous ferai pas l’affront d’en indiquer la provenance, qui fait à son tour rugir la paire. Je ne suis pas trop reprises, mais celle-ci défrise et met les doigts dans la prise. Sans fioritures, elle fonce dans le mur. Les voix s’y complètent, complètement “wok’n’woll”. On peut ensuite faire retomber l’intensité, de 2 crans et sans que ça plante. Linsistance est beau, la voix très Québécoise y brille. Mais attention, le démon guette. A la moitié du titre, il donne de la voix et propulse l’essai dans un versant psych-rock énervé. On succombe, encore. Encender, virulent, vire garage et vocalise en mode psyché. Voilà du bon, Zébulon. Du cru racé, plein d’allure et de rage rock couplées à des mélodies remarquables.

Lighter fluid ne faiblit jamais. Il laisse les aiguilles dans le rouge, joue fort et audible, et s’avère crédible. Everything of beauty en est la parfaite démonstration, entre relief vocal et parties “instru” aux griffes pointues. Batailleur, le duo ne fait pas dans le fluo. Son psych-blues aussi massif que stylé et spatial, sur un Smoking in bed terminal qui restera dans les annales, l’élève encore un cran plus haut, en faisant une découverte -que j’avoue n’avoir connue qu’à réception de l’opus- recommandable, pas très raisonnable (donc d’autant plus notable) et persuasive de bout en bout.

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