Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs “Viscerals” (3 avril 2020, Rocket Recordings/Differ-Ant).

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Anglais adeptes d’un rock psyché-stoner impactant, Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs sort, avec ce Viscerals au titre annonciateur, son 3ème album. Sur des trames la plupart du temps lourdes, il y assène riffs maousse et voix éructée, affichant dans le genre un savoir-faire qui sert l’intérêt de son oeuvre. Reducer amorce pourtant le trajet sur une batterie trépidante, c’est l’un des morceaux les plus vifs de l’opus et d’entrée, on taille dans la couenne d’un rock stoner perçant. Mise en images par le groupe, voilà une entrée en matière qui ne trompe pas sur la matière, à l’image d’une pochette d’album dont le visuel renvoie au Cleansing de Prong. On a d’ailleurs, pour le coup, une atteinte quasiment similaire dans le son, dans l’intensité et le côté cru bien étudié qui ressort des compositions. Rubbernecker, 70’s et ardu dans ses riffs, évoque lui les Melvins ou encore The God Machine, groupe du regretté Robin Proper-Shepard, sur son Scenes from the Second Storey. Un solo céleste, contrebalancé par un tempo écrasant, ponctue le tout.

Dans la foulée, New body fait étalage, itou, de cette lourdeur qui assied l’identité de Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs. Les 7 minutes du morceau, à la répétition qui finit par rentrer dans le crane, attestent qu’avec Viscerals, on est dans le viscéral. Alors que Blood & butter, exercice expérimental, aurait mérité de s’étaler sur une durée plus importante. Il en devient de ce fait négligeable mais la férocité des guitares de World crust, son tonus et son allant corrigent le tir. Il n’y a pas, chez les mecs de Newcastle Upon Tyne, que de la lourdeur à outrance. On diversifie, sans y entacher sa personnalité.

Stoner donc, psyché, avec dans son carnier une belle force de frappe, un impact sonore audible, le groupe enchaîne avec un Crazy in blood en phase avec son registre; opaque mais, vite, émaillé de trouées plus claires. Idée estimable, qui accrédite le fait que Matt Baty et ses collègues se refusent à rester figés. Si le ton est clairement annoncé, on se plaît à faire, de temps en temps, respirer l’ouvrage. On ne craint pas de s’essayer, avec allant, à tutoyer les 10 minutes de jeu (Halloween bolson, qui comme une poignée d’autres morceaux coupe avec bonheur l’élan leste de Viscerals). Les guitares, guerrières et dans l’union avec la section rythmique, impulsant de fréquents changements de direction. Le titre mentionné prenant fin dans un capharnaüm noise bien sauvage, que des riffs compacts couronnent.

Disque physique donc, Viscerals et ses huit titres achève sa course sur Hell’s teeth. Direct et vivace, il rétablit presque l’équilibre entre instants “pachydermiques” et envolées intenables, galopantes, qui d’ailleurs s’unissent souvent sur un seul et même morceau. La basse amène même un côté cold un brin dansante à l’ultime plage, probante comme le reste de la rondelle. Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs n’a pas salopé le boulot, lui conférant au contraire cachet et personnalité.

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