Turnover “Altogether” (14 février 2020, Run for Cover Records/Differ Ant).

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Trio issu de Virginie, Turnover existe depuis une dizaine d’années. Altogether est son nouvel album; il fait suite à Good nature (août 2017), lui-même précédé de plusieurs autres sorties. Déjà expérimenté donc, le trio constitué des frères Getz et de Danny Dempsey y offre une pop polie. Souvent trop d’ailleurs, à tel point qu’on cherche vainement “l’énergie punk” évoquée dans la bio accompagnant l’album promo. C’est une première forme de déconvenue mais il faut tout de même souligner la valeur pop du rendu, qui inclut de façon discrète des éléments musicaux funky ou encore disco. On notera, aussi, le côté enlevé d’essais comme Number on the gate, disco-pop alerte et crédible. C’est ainsi de manière vive que le disque prend vie, sur un ton gentiment mélancolique (Still in motion). Il décollera ensuite très peu, en dépit de ses atours pop fignolés.

Much after feeling confirme mes dires: mélodieux, il tient le cap mais demeure poli, presque convenu. Sending me right back, lui, surprend un peu plus en dépaysant en son amorce par le biais de sonorités inédites et exotiques. Parties, dans l’intervalle, aura lui aussi soufflé une belle pop, claire, entraînante et…courtoise.

L’amateur de schémas pop bridés y trouvera indéniablement son compte, l’atmosphère déliée et sémillante de l’album ira jusqu’à séduire certains “endurcis” mais on déplore les penchants trop tenus de Turnover, le côté timoré de ses écarts. Ceramic sky se fait jazzy, il ne dépareille pas mais ennuie légèrement. Valley of the moon amène le même verdict; bien conçu, il reste sage, mélodieux. No reply, sans excès lui non plus, s’inscrit dans la lignée d’un disque cohérent de par l’enchaînement de ses titres à la coolitude en certains recoins pétillante. On en vient alors à la fin d’Altogether sans avoir connu la moindre embardée entièrement débridée; restent 2 titres pour, possiblement, s’extraire des sentiers pop sans folie tracés par les Américains.

Tiens, Plant sugar serait presque cold-pop, des sonorités à la Motorama en ressortent. Le propos est plus clair que chez les gars de Rostov sur le Don, cependant on apprécie cette petite “poussée” moins avenante que le reste. Temporary love conclut ensuite de manière détendue, marquant un retour aux atours pusillanimes de Turnover. Sans qu’on puisse dire que l’album démérite -dans le créneau du groupe, il est même plutôt bon-, il en ressort une impression assez marquée de retenue, ainsi qu’une frustration due à l’absence de temps plus farouches, plus mordants, au sein d’une série jolie mais bien trop polie.

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