Inconnu jusqu’alors de mes modestes services, Dakiniz se livre dans l’attente de son Raging shouts, prévu pour début 2020.

 1)          J’apprends votre existence par le biais de Matthieu Burel, qui assure votre promo. Ce qui revient à dire que je ne connaissais rien de vous jusqu’à cette interview. Or, un détour sur votre Bandcamp m’apprend que vous êtes actifs, discographiquement, depuis 2013. Comment expliquez-vous cette relative « discrétion » ?

Alex : Haha! Hé bien cela doit venir du fait que nous ne sommes pas de très bons auto-promoteurs!

Matt : D’où la démarche de s’offrir les services d’un professionnel, Matt B. (un copain au passage) pour cette nouvelle sortie. Et puis ne nous mentons pas, nous avons bien essayé toutes ces années de contacter labels, bookers etc, mais avons trouvé, dans la plupart des cas, porte close.

 2)          Je suis de ce fait passé à l’écoute et les essais me plaisent beaucoup ; loin d’être cantonnés à une tendance, ils « explorent » et s’affinent, à mon sens, au gré de votre avancée. Vous confirmez ? Pensez-vous être arrivés, d’ores et déjà, à trouver une identité propre ?

Alex : L’identité Dakiniz s’est, pour moi, affirmée à partir du deuxième EP (Spontaneous Combustion…). Sur le premier, on tâtonnait, et puis certains des morceaux (ou la plupart, je ne sais plus), n’ont été écrits qu’à 4 mains, par Matt et Pierre du temps où ils habitaient Montpellier.

Pierre : Le deuxième EP marque aussi la rencontre avec Laurent Ciron, ex-Dogs, qui a réalisé et produit ces 4 titres et nous a beaucoup aidé sur l’interprétation et la recherche du son…

Matt : C’est d’ailleurs pour ça que nous avons renouvelé notre confiance en Laurent pour le premier album, sorti en 2017. Nous avons enregistré dans son super studio à Saint-Ouen, ambiance cosy, bouffe, vin rouge… en famille !

 3)          Vous préparez un album, « Raging shouts », sensé sortir début 2020 ; où en êtes-vous de sa conception, comment s’est déroulé l’enregistrement ?

Pierre : Toujours dans la même optique de recherche du son, on a eu envie de travailler avec Wayne Adams, qui a monté son studio à Londres, « BearBitesHorse ».

Alex : On voulait quelque chose de brut, un peu dans l’esprit de ce qu’il fait pour Death Pedals et USA Nails. Un son plus anglais, plus rageur et “rough“. L’enregistrement s’est déroulé sur 4 jours, en conditions live. Tout a été très vite mais on a quand même eu le temps d’écrire un morceau sur place : Sputnik.

Matt : Pour l’anecdote, on est parti en pleine période de grève, on a attendu 7h à la Gare du Nord avant de pouvoir prendre l’Eurostar ! Maintenant on en est aux finitions, la pochette vient d’être validée, ça suit son cours…

 4)          Par extension à la question précédente, comment vos sorties ont-elles jusqu’alors été accueillies, tant par le public que par les médias ?

Alex : Elles ont surtout été accueillies par nos potes, à vrai dire ! On a encore des cartons entiers de vinyles du précédent album chez nous…
À bon entendeur 😉

Matt : Il y a quand même quelques médias qui nous suivent depuis le début (comme Mowno), mais c’est vrai que, dans l’ensemble, on a clairement dû miser sur les concerts.

 5)          Pour en revenir à l’album attendu, les 2 singles qui en sont issus sont de bon augure, certes, mais assez différents stylistiquement. Ils ont toutefois en commun, à mon avis, une certaine « urgence ». Ce côté « premier jet » assez direct est-il caractéristique du groupe ?

Pierre : C’est en tous cas ce vers quoi nous tendons, il me semble, des compositions plus directes, in your face comme on dit ! Les bases viennent assez rapidement, et peuvent naître de chacun d’entre nous, parfois simplement des paroles que Matt écrit.

Alex : Ce qui ne nous empêche pas de nous amuser à torturer un peu les structures, sans pour autant tomber dans le math rock… même si nous apprécions aussi ce style.

 6)          Raging shouts sera votre second long format, après The taste is good but the smell is better, sorti en février 2017. Cela vous met-il une forme de pression, à l’heure du soi-disant « album de la confirmation » ?

Matt : La seule pression qu’on ressent est personnelle : c’est de ne pas être lassés de jouer ces morceaux, et pour l’instant on s’en sort plutôt bien !

 7)           Au bout de mon « audition » des œuvres de Dakiniz, j’y décèle des influences 90’s assez nettes ; y’a t-il des groupes vous ayant assez « imprégnés » pour que vous les considériez comme de véritables sources d’inspiration ?

Alex : On a chacun nos sources d’inspiration, et elles peuvent être assez différentes parfois… On peut ressentir du Melvins pour la basse et les structures, du Jesus Lizard dans notre recherche d’efficacité rythmique, et à la fois une gouaille anglaise véhiculée par le chant et les riffs sournois de guitare.

Matt : Dakiniz sonne garage/rock/noise, mais les influences viennent autant de Shellac, Oh Sees et Metz, que de Chet Baker, Bowie ou les Pogues…

Pierre : Et puis il y a Future Of The Left, bien sûr, dont nous avons eu la chance de faire la première partie à Paris. C’est l’un de nos meilleurs souvenirs !

 8)          Vous jouez en trio, quels en sont les avantages et les inconvénients ? 

Alex : On écrit plus vite, on s’engueule probablement moins, et il est plus facile de réunir tout le monde…
En inconvénient, ben tout ce qui est orga de concerts, financement pour le côté autoprod, ça réduit un peu la marge de manœuvre.

Matt : On s’en est sorti jusque-là, mais toujours un peu sur la corde raide. D’où la recherche active, cette fois, de partenaires… Again : « À bon entendeur » !

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