Galoche “Rien ne vaut les travers” (24 janvier 2020, Autoproduit)

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Duo barjot, basse-batterie et chant duel, Galoche, en couple à la ville comme à la scène, pratique un rock groovy, se rapprochant parfois de Gâtechien et incluant aussi des délires vocaux à la Ringer (Epris de toi). Ce Rien ne vaut les travers est son premier album, il groove et part en vrille comme on aime, pulse souvent. La paire y narre les “affrejoies” de la vie à 2 et, sous des aspects “déconneurs”, dit des choses qu’on prendra en compte, tant musicalement que dans l’expression verbale.

Avec le titre éponyme, qui lance la déviance, la basse nous embarque et à 2, Galoche nous met une belle taloche. Ca cogne basiquement, avec efficacité, la basse riffe et gronde, c’est dansant et, il faut le dire, assez irrésistible. Les voix s’accordent, même dans le désaccord, et des constats lucides sont dressés. Hors-champ, ces deux-là créent leur propre terre; La chamade, un brin funky, homologue leur savoir-faire. Complémentaires, ils braillent à l’unisson (Prends-moi!), imposent leur rock énervé, tapageur, novateur aussi. Jubilatoire, leur mixture mérite de faire date, de s’inscrire dans le temps. A l’ère d’une redite fréquente, Galoche fait du neuf, recourt pour ça à 3 fois rien, et conçoit un groove de fou.

Irrévérencieux, il trace sa route avec Mordille-moi, qui fait un peu plus que mordiller. L’énergie est omniprésente, elle va de pair avec une inspiration flagrante. Rien ne vaut les travers et pour le coup rien ne vaut Galoche, qui avec Toi nous emmène à nouveau sur l’autoroute de la déjante, vive et semée de coups de semonce noise. Le texte est parfois salace, ou plutôt sans faux-semblants, mais ne raconte pas de salades. On veut du cul jette des bruitages électro qui font onduler, le refrain semble être de ceux qu’on reprendra, rigolard, à l’écoute de l’album. Celui-ci s’écoute fort et souvent, à l’heure où d’autres feront de Patrick Fiori leur piètre idole. Indé et pas bridé, Galoche est trop bon.

Liste de courses poursuit la course, le duo galope et on le suit bien volontiers dans son embardée. Son boucan est attirant, se pare de couleurs musicales barrées qu’une tornade punk emporte (Je t’aime). Vocalement, les sentiers ne sont pas plus balisés. C’est aussi pour ça qu’on les aimera, pour ce cumul de détails décisifs, et de qualités, qui les placent au dessus du lot. Ils finissent ici avec L’absence, textuel et apaisé, à la texture soyeuse. C’est à l’issue une découverte bluffante qu’on vient de faire, en forme de pied de nez magistral à la bienséance de ceux-ci et de ceux-là.

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