Fandor “J’ai patienté toute ma vie” (15 septembre 2018, Z and Zoé Records)

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Qu’il est dommage que des musiciens comme Fandor, aussi bon seul qu’avec un “band” l’accompagnant, soient aussi méconnus! Qu’il est dommage que leurs oeuvres, meilleures que la plupart des autres sorties, soient autant confidentielles!

Bordelais, Fandor se qualifie de “bricoleur pop” et son bricolage, qu’il s’opère en solo ou avec Supernormal, en mode power-pop, touche à l’excellence. J’ai patienté toute ma vie, dernier en date de ses précieux ouvrages, en est la brillante preuve. Fandor y pétarade d’entrée, avec un jubilatoire Cet instant au rock noisy qui me rappelle The Pains of Being Pure at Heart. L’instant est plus que bon, puis on retombe en terres pop-folk plus posées avec Such a big wave, enlevé et délectable. Le bonhomme a ouvert pour SYLVAIN VANOT, ST CHRISTOPHER, HEFNER, DIVINE COMEDY, AUTOUR DE LUCIE, CALC et ETIENNE DAHO; à l’écoute, c’est tout sauf usurpé. Je ne vois plus l’horizon, folk animé, ne me fera pas médire. Walking in the snow et sa pop douce non plus, “orfêvré” qu’il est par un Fandor juste et de talent.

Ce dernier brille d’un feu folk (Mon père ce vieux chêne), installe une pop soyeuse mais sans ennui (L’ombre de soi-même). On retombe en énergie mais la qualité demeure. D’instants atmosphériques bien troussés, on passe alors à La grande chevauchée. Rock mélodieux mais piquant, impétueux, voilà un morceau vivifiant, de haute volée lui aussi. La dite chevauchée vaut le coup d’être vécue, sur une tonalité indé qui enthousiasmera son monde. Ton visage effacé à jamais, qui suit, renouant avec un format plus folk, poppy, mélancolique. Fandor se met en évidence par ses arrangements, simples mais attrayants.

On prend encore, Fandor, mais on aime aussi quand tu nous envoies dans l’décor, quand tu fais monter les décibels. En sursis n’en est pas encore là, mais il se montre malgré cela abouti et excellent, un brin cold, lo-fi dans le même élan. On remarque, derechef, la qualité musicale d’un titre qui, en sa fin, braille comme on aime tandis qu’une voix plus tranquille accompagne le cri. On termine dans l’acoustique de Sans bouger, feutré, au verbe intéressant comme partout ailleurs. Fandor, trop méconnu, vient de signer un disque qui mériterait amplement, lui, d’être connu et reconnu.

Bandcamp Fandor