La Jungle “Past // Middle Age // Future” (19 avril 2019, Rockerill Records I Black Basset Records I À Tant Rêver Du Roi)

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Attention attention attention, la zik de ces 2 là, c’est La Jungle! On peine à s’y retrouver et on ne demande qu’une chose; y rester. Car les mecs de Mons en Belgique, déjà, sont issus de 3 labels insoumis ayant conjugué leurs efforts pour sortir ce Past // Middle Age // Future situé quelque part, un quelque part jouissif et vitaminé, bien perché, entre kraut, techno, noise, rock et …La Jungle. Et ce, avec une guitare, une batterie et un “Casio pour gains”. Pas plus Actarus!

A l’écoute, on entre en transe. The invisible child me rappelle les précieux Spicy Box, groupe fusionnant de chez nous s’étant distingué dans les 90’s. You say amen I say sword développe une trame indus dépaysante, génère déjà un trip sonique mémorable. Avec dans sa besace 2 albums et des splits enregistrés avec des gaillards tout aussi déviants, La Jungle est à part, captivante, dense, et imaginative. Les voix sont folles, le cocktail épicé, sans semblable. Jouissif, vous disais-je. Jim et Roxie ne sont pas de ceux qui font des courbettes, ce ne sont pas, loin de là, les béni oui-oui du système.

Les longs formats sont obsédants, les plus courts incisifs (un tout aussi énorme que le reste Hey ha hey ha), le chaudron bouillonne et déborde. De riffs crus en réitération indus, la paire crée des contours dont on n’a pas fini de faire le tour. Lost in transition permet une transition retenu quoique menaçante, ILTAPEALAIDEDOS lui succède sur des bases math-rock dans lesquelles on décèle bien d’autres éléments pertinents. Les voix s’y font plus “conventionnelles”, les sons y sont, une fois de plus, ingénieux. La cadence s’anime sévère, les guitares y lâchent des assauts délectables. Tiens, La Jungle sera au Celebration Days Festival, dans l’Oise (à Cernoy plus précisément), à la mi-août. Nul doute qu’on passera avec eux un moment de folie qui restera gravé dans les mémoires. Avec And The Serf Caresses The Head of His Lord, le genre est à nouveau indéfinissable. Des excès soudains l’étoffent, puis la cadence s’affole. C’est, une fois encore, la transe. Sonique, imparable, endiablée et définitive.

Sauvage, La Jungle varie les chemins empruntés, fait des détours, se montre versatile, avec une grande justesse, sur le plan rythmique et sonore. ON ADORE. The boring age fait flamme de tout son, le chant nous y mène dans des terres non défrichées, à l’unisson avec une musique qui n’appartient qu’à ces 2 investigateurs doués. Leurs breaks sont bien amenés, une certaine finesse s’invite dans leur élans wild. In the trance, bref mais marquant, amène une touche tribale qui aurait mérité d’être creusée et étendue.

Enfin, c’est un The knight the doom trépidant qui ferme la marche en faisant sonner les riffs et “cascader” le rythme. La frénésie est de mise, les incrustes techno géniales. Je pense alors à Hilight Tribe, vus l’été dernier à Rock en Stock, pour la capacité à définir un rendu inédit. Excellent et pas seulement, un disque à écouter sans modération.

Photo Lotte Brouwers.

Site La Jungle