Idlewild “Interview music” (5 avril 2019, Empty Words)

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Connus pour leur rock rugueux moucheté de pop ou de mordant punk, les Ecossais d’Idlewild en sont avec ce Interview Music à leur 9ème album. La longévité du groupe impose déjà le respect et à l’écoute, si le contenu pop surprend au premier abord, il gagne ensuite les faveurs de l’auditeur.

En effet et si Idlewild parait moins tranchant qu’à l’accoutumée, le nerf et les gimmicks de titres estimables (l’éponyme Interview Music), la beauté pop qu’ils dégagent, forcent l’adhésion. Pour qui connaît la formation de Roddy Woomble, il est bien évident que le gaillard et ses compagnons savent y faire. Ici, ils élargissent tout simplement la palette. Pianos et claviers prennent de la place mais ne dénotent pas. Dream variations, certes, étonne en ouvrant de manière retenue. Mais il est excellent. Le rock d’Idlewild est moins trépidant mais toujours performant. Il met les mélodies en avant, There’s a place for everything sonne pop mais charme l’oreille. Ses voix alliées font effet. All these words illustre lui aussi cette baisse de tension rock qui se fait entendre, mais ne signifie en rien que la qualité s’est absentée. You wear it secondhand est sage, folky, mais passe l’épreuve.

On attend toujours, avouons-le, le sursaut rock qui mord et trace devant lui. Same things twice s’en approche, plutôt acéré. De ce fait, le panel plus ouvert du groupe trouve tout son sens.

Si I almost didn’t notice fait preuve de finesse, il se montre aussi entraînant. Idlewild se renouvelle et plutôt que de déplorer une vigueur moins présente, saluons la valeur du labeur. Miracles, rock, délivrant lui une énergie qu’on approuvera. Globalement, on est surpris mais pas déçu. Mount analogue souffle un rock qui groove, presque psyché mais en gardant des sons déviants. C’est audible, le groupe est ici dans l’inventif. Cuivré, ce morceau plaira.

Avec Forever new, on fait dans la pop adroitement ciselée, suffisamment soutenue pour séduire. Et Bad logic suit sans se montrer moins bon. Il est rock, sans pour autant assaillir. Dérouté au premier abord, le fan, s’il persévère, trouvera là son bonheur. Familiar to ignore le réjouira avec sa pop-rock de bon aloi. Puis Lake Martinez finira le travail en ennuyant un peu, ce qui ne portera pas atteinte à un album de qualité, dont le seul “défaut” est d’offrir nettement moins de rock frontal que ce que le groupe a pu jusqu’alors générer.

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