Into Orbit “Kinesis” (1er mai 2019, Ironcald Productions)

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Duo Néo-Zélandais, Into Orbit s’adonne à un post-métal instrumental, mâtiné de rock expérimental, qu’il décline ici sur 9 morceaux. L’album se nomme Kinesis, d’emblée il démontre une puissance de tir non négligeable (Shifter). Riffs lourds et batterie assénée sont de la partie, il faudra se familiariser avec l’absence de chant mais les trames concoctées par Paul Stewart (guitare) et Ian Moir (batterie) suscitent l’attention. L’instrument du premier peut mordre comme se modérer ensuite, le ton est souvent “dark” mais se fend d’incrustes claires, comme sur ce premier morceau qui donne le ton. Les tambours du second arrivent par vagues (Between stars), renforçant la tonalité bourrue des premiers essais.

Avec Crystallise, on aborde des contrées plus fines, plus “post” aussi. Ledit titre amène un plus. La paire de Wellington sait créer. Au milieu de ses mélodies charmeuses, elle attaque. Tout cela se fait sans forcer, sans paraître incongru. Le riffing est roi (Summoning), subtil ou ardu, les cadences changent et évitent ainsi l’uniformité.

Into Orbit évoque le tourment dans la sérénité -ou l’inverse, c’est selon-, clarifie ses trames (Nil). Les deux comparses maîtrisent leur jeu. La voix n’aurait à mon sens pas dépareillé, mais le tout-instrumental s’avère probant. Emergence livre une intro sombre, lancinante, qui s’étend sur la durée. On est ici dans le contemplatif, d’apparence serein mais plus dérangé dans son fond. L’évidence se confirme; Moir et Stewart imposent leur cachet. Kinesis est semble t-il leur 3ème sortie, celle-ci leur permet visiblement de confirmer leur savoir-faire. On est alors, ou presque, “Into Orbit”.

Burial mask allie les 2 tendances -l’obscur, le plus “lumineux”- avec à propos. Il sonne la charge, les guitares s’y montrent dures mais son auteur les modère avec autant de justesse ensuite. Voilà un opus “instru” digne d’intérêt, que Pale sky valorise à son tour. Si on aime les assauts du duo, on le suit aussi dans ses plages subtiles. C’est le cas ici, quand bien même la coloration dominante est plutôt sombre.

Enfin, c’est Horus, mis en image par le groupe, qui conclut. D’abord finaud, on sent qu’il monte en puissance et très vite, c’est le fracas sonore qui prévaut. Il se met en place avec une certaine mainmise, on appréciera l’impact de ce final et l’initiative des musiciens, louable, de ne pas rester figés, d’évoluer au sein de leurs morceaux sans s’y égarer.

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