Dimoné & Kursed “Mon amorce” (1er mars 2019, Estampe/Musique Sauvage/[PIAS]

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Performant en duo, avec Chéri Bancal et de toute façon en toutes circonstances, le Montpellierain Dimoné nous en donnera à nouveau pour notre monnaie en s’associant ici à un combo de minots de 20 ans qui la jouent rock et classe-crade, répondant au nom de Kursed. Placé dans ce contexte plus “collectif”, Dimoné tire son épingle -rock- du jeu, fait aussi valoir son mot en adoucissant le propos (Lyon, en duo avec Maissiat) en en gardant, tout de même, le côté griffu que le chant de la Dame vient magnifier.

Mon amorce, c’est le nom de l’album livré, offre d’ailleurs une amorce obsédante, aux termes répétés (le bien nomme C’est nickel). L’accroche est déjà proche, l’expérimenté et les jeunots prometteurs s’acoquinent avec brio. Au bord du monde allie chanson et rock, c’est d’ailleurs le procédé privilégié sur ce disque de haute qualité. Son nerf rock côtoie le penchant lettré de Dimoné. L’album, en plus de sonner juste, dit des choses qui valent d’être prises en compte. Tangue, orné par un bel orgue, installe un chant stylé, des riffs secs.

Voilà un disque de cuir et d’élégance, que La fuite ne nous fera sûrement pas fuir, convaincant qu’il est avec ses cuivres et son tempo “up” hérissé de guitares drues. La moitié du chemin est parcourue, le gang du Sud se montre rude et uni. La grande allée permet une incartade posée, feutrée, du plus bel effet. Et sulfureux dans son élégance, Les pages lui succédant sans, justement, qu’on ait l’envie de tourner la page. Car l’essai, leste et grave, fait lui aussi ses preuves sans tarder. Le climat est posé mais pas reposé, l’arrière-plan tourmenté. Puis Le nord envoie un rock dru, saturé, qui achève de faire de l’opus en question une cinglante révélation.

On touche alors, ou presque, au but. La finesse de Faudra s’y tenir fait…qu’on s’y tient, qu’on s’y attarde. Les bonshommes peuvent s’offrir des accalmies, elles s’imposent tout naturellement et livrent un fond acidulé, qui menace d’exploser. Le morceau monte d’ailleurs en pression, gagne en nerf jusqu’à atteindre les cimes pop-rock mélodieuses. On est conquis. L’éponyme L’amorce, au rock fonceur et percutant, tirant la dernière flèche, pénétrante, d’un effort très fort, généré par une union ici bien plus que pertinente. C’est nickel!

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