LANE “A shiny day” (8 mars 2019, Twenty Something/Nineteen Something/[PIAS])

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Faut-il encore présenter LANE, groupe impulsé par Pierre-Yves Sourice, ex-Les Thugs, afin de donner vie à quelques chansons qu’il avait “sous le coude”? Groupe qui lui associe les frères Belin, de Daria, et qui lui permet de rester en famille puisque son fils Félix tient l’une des guitares du combo et qu’Eric Sourice, ex chanteur des Thugs, tient le chant. Et bien!

Après un EP déjà merveilleux, A shiny day refourgue dix morceaux tubesques pour n’importe quel amateur de rock hérissé, pop comme punk, qui démarre d’ailleurs pied au plancher avec un Stand qui fonce droit devant lui, colérique, remonté, incoercible et qui touche la cible. A cette fougue punk-rock se couplent des mélodies façon Thugs et une urgence salvatrice made in Daria. Ca joue fort et compact, en allant droit au but et en incluant des mélopées de valeur. On est donc bien parti, on sait de toute façon que LANE générera des écoutes répétées. A dead man’s soul allie lui aussi vitesse d’exécution et airs pop speedés et parfaits. A l’instar des Thugs, LANE pose sa patte et impose un rock sauvage décoré à la pop, parfois même jusque dans ses guitares. Celles-ci se montrant, de façon récurrente, profitables en diable. A free man n’est pas issu d’une étoffe différente, dégage une force de persuasion, un caractère rock bourru et affiné, des plus aboutis. A l’issue de ces seuls 3 morceaux, on est sous l’emprise. Clouds, plus pop mais toujours de manière vive, tirant une 4ème flèche décisive.

Arrive alors Red light, apaisé comme pouvaient l’être certains titres de l’énorme Strike des Thugs. Un trésor de finesse, qui trouve sa bonne et due place au milieu des déferlantes rock. Dont fait partie un Winnipeg de folie, où Eric fait briller sa voix si reconnaissable, affirmée, à l’unisson avec une instrumentation sans concessions. LANE n’en dit jamais trop, il se contente au contraire de rester dans un cheminement sans détours ennuyeux. Dirty liar est pop-rock, va vite puis se modère, et obsède par son refrain dénonciateur. Il n’y aura rien à jeter, et tout à prendre, sur ce disque.

L’éponyme A shiny day place alors sa vigueur rock directe, jouée sur fond de mur de guitares drues. On a droit à des choeurs accrocheurs, on s’y attendait mais c’est vraiment bon à entendre. LANE, au vu de ses sorties, pourrait durer et le mériterait. Ca serait même complètement légitime. C’est du rock authentique, véridique, qu’il offre ici. Son Tea-time est même punky, noisy, fonceur. LANE ne fait aucune distinction entre rock, pop et punk; il joue tout avec le même brio. Il conclut avec Down the river, ultime pépite pop-rock simultanément retenue et vivace, prêt pour un A shiny day tour de plus de 20 dates qui s’annoncent d’ores et déjà mémorables.

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