Ryan Bingham “American love song” (15 février 2019, Axster Bingham Records)

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Primé à souhait, Ryan Bingham oeuvre pour les besoins de ce sixième album, American love song, avec Charlie Sexton, guitariste d’Austin jouant notamment avec Bob Dylan et qui, pour l’occasion, co-produit l’ouvrage. Organisateur de son propre festival (The western, qui se tiendra à Luckenbach au Texas), acteur auprès de Costner dans la série Yellowstone où sonne sa chanson “Wolves“, l’Américain est évidemment crédible dans son domaine premier: la musique.

Sur ce disque, il navigue entre country, blues, rock et ballades. Jingle and go lui confère des couleurs country, le tout est bien joué et dans la foulée, c’est au rock’n’roll que Bingham s’essaye, sans planter, avec Nothin’ holds me down. Ca plaît, c’est exécuté avec brio et sans en rajouter. Et même le folklore de Pontiac, en ouverture de ce morceau, donne le ton et n’ennuie pas, laissant place à un essai enlevé, d’obédience rock.

Par la suite, l’homme au chapeau n’aura de cesse d’osciller entre les tendances précitées; Lover girl le voit virer folk-blues, dans une certaine tranquillité. Beautiful and kind est un peu du même tonneau, folk et dénudé. Situation station respire cette même vérité; les trois titres font retomber l’intensité, certes, mais pas la qualité. Et Got damn blues, rugueux, à l’ancienne, réinjecte un peu de rudesse à l’ensemble. On notera que Ryan Bingham, quelle que soit l’option choisie, se montre crédible.

Il étale sa dextérité, de plus, sur pas moins de quinze morceaux. Time for my mind est à dominante country, décoré à l’harmonica. What would I’ve become marie country, c’est ici une constante, et rock assagi. Wolves suinte la vérité; Bingham, s’il pose parfois et peut-être trop le jeu, trousse de jolis morceaux, empreints de sincérité. Blue opte pour l’acidulé, entre patine et traits rock. Hot house joue le blues, countrysant, sonique en sa fin. Le savoir-faire dans le jeu est audible, sert la qualité du rendu.

Celle-ci persiste. Stones vire folk, America est lui aussi posé. On regrettera peut-être la perte d’énergie débridée, mais on approuvera la teneur du labeur. Blues lady, en toute fin d’album, faisant sonner un blues délié, moucheté de folk et plutôt animé. En conclusion d’un opus conçu avec les atouts d’un musicien depuis longtemps aguerri et qui, s’il n’a plus rien à réellement prouver, continue à proposer des essais aboutis.

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